Racisme en Europe; Blame pour la France

Message du Président
Je suis très heureux de vous présenter la dernière édition
du rapport alternatif sur le racisme en Europe du Réseau
européen contre le racisme (ENAR). Celui-ci est basé sur 26
rapports alternatifs nationaux, et offre une perspective cruciale
et unique de la société civile sur la situation du racisme et
de la discrimination en Europe, de mars 2011 à mars 2012.
Malheureusement, comme pendant les années précédentes, la discrimination raciale et
religieuse continue à affecter la vie de nombreuses minorités ethniques et religieuses dans l’ensemble de l’Europe et dans divers domaines, comme dans l’accès à l’éducation, à l’emploi, au logement, aux biens et aux services, ou dans la façon dont ils
sont traités par la police et le système judiciaire pénal. Ce rapport souligne particulièrement les expériences des communautés musulmanes et il s’agit de la première étude qualitative paneuropéenne sur l’islamophobie. L’islamophobie
décrit la crainte, les préjugés et la haine irrationnels envers l’Islam, les musulmans ou la culture islamique. Les données provenant des rapports alternatifs nationaux montrent que
l’islamophobie est répandue dans nombre de pays européens et que les préjugés croissants à l’encontre des musulmans sont souvent plus profonds que ceux éprouvés par d’autres groupes minoritaires religieux ou ethniques. Le rapport de cette année
met l’accent sur la vulnérabilité de ce groupe, qui est trop souvent au pire rejetée, et au mieux sous-estimée.
Le rapport alternatif d’ENAR met également en lumière la discrimination et le racisme auxquels sont confrontés d’autres communautés vulnérables au racisme et/ou à la discrimination religieuse en Europe, tels que les immigrés (tant les ressortissants
de l’UE que de pays tiers), les Roms, les personnes d’ascendance africaine et les juifs, dans tous les domaines de la vie. Plusieurs des tendances identifiées dans ce rapport restent en grande partie semblables à celles rapportés les années précédentes. La
perception publique des minorités ethniques et des migrants dans la plupart des pays reste négative : celles-ci sont souvent accusées de voler les possibilités d’emploi, de travailler pour un salaire au rabais, et de bénéficier des services sociaux.
La situation économique et politique a clairement attisé les tensions sociales et dans certains des pays les plus affectés, a mené à des ripostes face à la crise, prenant la forme de réductions importantes dans les services publics et au niveau
du travail anti-discrimination. Un élément inquiétant à souligner est bien l’emprise du néonazisme dans certains pays et le fait que les violences racistes se manifestent largement et ont en fait augmenté dans de nombreux pays. Par conséquent, les organisations de la société civile comblent le vide laissé par les gouvernements et les politiciens en termes de direction des opérations, démontrant encore une fois leur
utilité et leur importance. Néanmoins, s’il est vrai qu’une société civile active est nécessaire et souhaitable, le respect de l’égalité et des droits de l’homme demeure la responsabilité de tous les acteurs, et pas uniquement de la société civile. En outre, la
capacité des organisations de la société civile à offrir des services essentiels a été sévèrement limitée par des coupes budgétaires.
A travers ce rapport alternatif, nous espérons démontrer le besoin urgent d’action dans l’ensemble de l’Union européenne, afin de surmonter les barrières et les défis qui entravent une véritable égalité. Les Etats doivent faire preuve d’un réel
engagement politique pour investir dans des actions visant à limiter le racisme et la discrimination et à assurer l’égalité et la protection des droits de l’homme pour tous en Europe. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel que nous nous
dirigions vers une Europe qui respecte et promeuve l’égalité, la diversité et les droits fondamentaux, et qui reconnaisse les bienfaits d’une Europe sans racisme pour créer une société et une économie européennes dynamiques.

Nous souhaitons enfin remercier vivement toutes les personnes qui ont contribué aux rapports alternatifs d’ENAR, ainsi que la Commission européenne et l’Open Society Foundations pour leur précieux soutien dans la publication de cet instrument de
mesure unique.
Chibo Onyeji
Président d’ENAR

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