La destinée du féminisme au Pakistan.

      Par Bina SHAH, auteure de plusieurs romans, dont Slum Child (« L’enfant du bidonville », 2010, non traduit), et de recueils de nouvelles.
Article paru sur le site du New York Times (Etats-Unis) le 20/08/2014

Traduit par Ijtihad Judith LEFEBVRE
N.B. : L’ensemble des notes et des liens hypertextes a été ajouté par la traductrice. De même pour le choix d’une orthographe inclusive.

Karachi (PAKISTAN) – Le 12 février 1983, deux cents femmes, militantes et avocates, défilèrent jusqu’à la Haute Cour de Lahore pour protester contre une loi qui aurait établi que, dans un tribunal, le témoignage d’un homme équivaudrait à celui de deux femmes. Le dictateur pakistanais Général Muhammad Zia ul-Haq avait déjà promulgué la tristement célèbre Ordonnance des Hudûd[1], qui reflétait sa vision extrémiste de l’islam et de la loi islamique[2]. Pour de nombreuses femmes pakistanaises, il était désormais clair que le régime militaire manipulait l’islam afin de les dépouiller de leurs droits.
Le temps du Général Zia est révolu, et une partie des lois hudûd se rapportant au viol et à l’adultère ont été remplacées par des clauses moins déplorables dans la Loi pour la Protection des femmes en 2006. Cependant, ainsi que l’écrit Madihah Akhter dans The Feminist Wire, un magazine en ligne, il reste encore aux femmes pakistanaises à accomplir « une égalité politique, culturelle et économique, et à s’assurer une place au sein de la lutte constante pour déterminer ce qu’est leur nation ».

La réalité des femmes pakistanaises résiste toujours à la catégorisation facile. Celles-ci vont à l’école et à l’université, occupent des postes et gagnent de l’argent depuis maintenant plusieurs générations. Et pourtant, elles continuent de subir une violence de genre généralisée, dans une société qui accepte couramment l’idée que les femmes soient une propriété, et qui croit largement que ces dernières ne méritent ni éducation, ni emploi, ni existence hors de la sphère domestique.

Les lois du Pakistan, de même que ses codes sociaux ou ses mœurs religieuses, ne garantissent pas aux femmes une place sûre de citoyennes égales aux hommes ; de telles attitudes sont préservées par les traditions culturelles et tribales patriarcales, tout autant que par la déformation continue d’injonctions islamiques dans le but de satisfaire les misogynes. Le féminisme pourrait-il constituer le meilleur antidote à ce chauvinisme masculin ancré dans la société pakistanaise moderne ?

Le féminisme est présent au Pakistan depuis la naissance du pays. Au cours de la partition de l’Empire indien britannique en 1947, Fatima Jinnah – sœur de Muhammad Ali Jinnah, père fondateur du Pakistan – créa un Comité de Secours aux Femmes (Women’s Relief Committee), qui supervisait les transferts de réfugiées entre l’Inde et le Pakistan. Puis la Begum Ra’ana Liaqat Ali – épouse du premier Premier ministre du Pakistan – fonda l’Association des Femmes du Pakistan (All-Pakistan Women’s Association) en 1949 ; cette organisation œuvrait au bienêtre moral, social et économique des femmes pakistanaises…….Lire la suite de l’article sous le lien suivant   THE NY TIMES La destinée du féminisme au Pakistan

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