La destinée du féminisme au Pakistan.

      Par Bina SHAH, auteure de plusieurs romans, dont Slum Child (« L’enfant du bidonville », 2010, non traduit), et de recueils de nouvelles.
Article paru sur le site du New York Times (Etats-Unis) le 20/08/2014

Traduit par Ijtihad Judith LEFEBVRE
N.B. : L’ensemble des notes et des liens hypertextes a été ajouté par la traductrice. De même pour le choix d’une orthographe inclusive.

Karachi (PAKISTAN) – Le 12 février 1983, deux cents femmes, militantes et avocates, défilèrent jusqu’à la Haute Cour de Lahore pour protester contre une loi qui aurait établi que, dans un tribunal, le témoignage d’un homme équivaudrait à celui de deux femmes. Le dictateur pakistanais Général Muhammad Zia ul-Haq avait déjà promulgué la tristement célèbre Ordonnance des Hudûd[1], qui reflétait sa vision extrémiste de l’islam et de la loi islamique[2]. Pour de nombreuses femmes pakistanaises, il était désormais clair que le régime militaire manipulait l’islam afin de les dépouiller de leurs droits.
Le temps du Général Zia est révolu, et une partie des lois hudûd se rapportant au viol et à l’adultère ont été remplacées par des clauses moins déplorables dans la Loi pour la Protection des femmes en 2006. Cependant, ainsi que l’écrit Madihah Akhter dans The Feminist Wire, un magazine en ligne, il reste encore aux femmes pakistanaises à accomplir « une égalité politique, culturelle et économique, et à s’assurer une place au sein de la lutte constante pour déterminer ce qu’est leur nation ».

La réalité des femmes pakistanaises résiste toujours à la catégorisation facile. Celles-ci vont à l’école et à l’université, occupent des postes et gagnent de l’argent depuis maintenant plusieurs générations. Et pourtant, elles continuent de subir une violence de genre généralisée, dans une société qui accepte couramment l’idée que les femmes soient une propriété, et qui croit largement que ces dernières ne méritent ni éducation, ni emploi, ni existence hors de la sphère domestique.

Les lois du Pakistan, de même que ses codes sociaux ou ses mœurs religieuses, ne garantissent pas aux femmes une place sûre de citoyennes égales aux hommes ; de telles attitudes sont préservées par les traditions culturelles et tribales patriarcales, tout autant que par la déformation continue d’injonctions islamiques dans le but de satisfaire les misogynes. Le féminisme pourrait-il constituer le meilleur antidote à ce chauvinisme masculin ancré dans la société pakistanaise moderne ?

Le féminisme est présent au Pakistan depuis la naissance du pays. Au cours de la partition de l’Empire indien britannique en 1947, Fatima Jinnah – sœur de Muhammad Ali Jinnah, père fondateur du Pakistan – créa un Comité de Secours aux Femmes (Women’s Relief Committee), qui supervisait les transferts de réfugiées entre l’Inde et le Pakistan. Puis la Begum Ra’ana Liaqat Ali – épouse du premier Premier ministre du Pakistan – fonda l’Association des Femmes du Pakistan (All-Pakistan Women’s Association) en 1949 ; cette organisation œuvrait au bienêtre moral, social et économique des femmes pakistanaises…….Lire la suite de l’article sous le lien suivant   THE NY TIMES La destinée du féminisme au Pakistan

Mettre fin au sionisme : une question féministe

www.info-palestine.net

Mettre fin au sionisme : une question féministe

dimanche 27 juillet 2014 – 

 Israël dénie aux femmes leur droit fondNada Eliaamental de liberté de mouvement (Issam Rimawi / APA images)

Comme l’écrit Maya Mikdashi sur le site Jadaliyya dans son éditorial intitulé « Les hommes palestiniens peuvent-ils être victimes ? », si une majorité significative des tués étaient des hommes adultes, les crimes d’Israël en seraient-ils minorés ?
Une analyse différente de la violence liée au genre est nécessaire : il faut qu’elle reconnaisse qu’aucune « proportion » n’est acceptable, parce que toutes ces morts sont déplorables, et pour fournir les outils d’une compréhension différenciée des manifestations de violence.

Appels au viol

Le réseau féministe INCITE ! a toujours compris que la violence d’État est à la fois liée au racisme et au genre.
Le sionisme en est un magnifique exemple. C’est une idéologie raciste fondée sur les privilèges d’un groupe ethno-religieux dominant tous les autres.
Quand un état voit une population – sa population autochtone spoliée, privée de ses droits et occupée – comme une « menace démographique », cette vision est à la fois raciste et ciblant un genre.
Le contrôle raciste d’une population est spécifiquement relié à la violence contre les femmes. Aussi n’est-il guère surprenant que Mordechai Kedar, un haut gradé du renseignement militaire israélien devenu universitaire suggère en fait cette semaine que « violer les femmes et les mères de combattants palestiniens » serait un moyen de dissuasion à l’encontre des militants du Hamas.
Dans le même style, la députée Ayelet Shaked n’a pas essayé de présenter le meurtre d’enfants palestiniens et de leurs mères comme malheureux, disproportionné ou « dommage collatéral – elle les a prônés en déclarant que les femmes palestiniennes devaient être tuées aussi, car elles donnent naissance à de « petits serpents ».

Ce commentaire reflète une infrastructure israélienne destinée à soutenir des taux élevés de fausses-couches en bloquant les ressources fondamentales comme l’eau et les fournitures médicales, en obligeant des femmes enceintes à faire la queue aux postes de contrôle quand elles sont en route pour la maternité, et de façon générale, en créant des conditions inhumaines et invivables aux Palestiniens.

La présente attaque meurtrière contre les Palestiniens de la bande de Gaza a non seulement volé la vie de centaines d’entre eux mais a aussi accru le nombre de fausses-couches, d’accouchements prématurés et d’enfants morts-nés.
Des femmes éthiopiennes-israéliennes, la plupart d’entre elles juives, ont également été soumises à des injections contraceptives imposées sans leur consentement. Mettre fin au sionisme est une question de justice pour le féminisme et la procréation .

Libérer les femmes ?

Bien sur, la violence de genre en tant qu’outil de colonialisme de peuplement n’est pas une stratégie nouvelle. Colonialisme de peuplement, patriarcat et hypocrisie officielle vont main dans la main.
La France du XIXème siècle prétendait libérer les femmes algériennes tout en mettant le feu à des villages entiers. Le colonisateur blanc proverbial voulait nous faire croire qu’il agissait par altruisme impulsif pour sauver les femmes brunes des hommes bruns, même si le pouvoir colonial qu’il servait paupérisait des régions entières.
Les femmes algériennes ne se sont certainement pas mieux portées grâce au colonialisme français, en fait leurs conditions se sont plutôt dégradées.
L’administration G W Bush s’est félicitée d’avoir censément libéré les femmes afghanes des talibans. Mais nous voyons à travers l’Histoire, et pas seulement en Afghanistan, Iran, Irak, Algérie ou Palestine que les guerres n’ont jamais libéré les femmes ni les gens de couleur non conformes à la loi du genre.

Une nouvelle marque d’hypocrisie

Aujourd’hui Israël a développé un nouveau symptôme de son hypocrisie, puisqu’il se prétend plus civilisé que le peuple palestinien au titre de pays plus accueillant pour les homosexuels. C’est du « pinkwashing » *, une tentative israélienne de détourner l’attention de ses violations des droits de l’homme en soulignant des droits aux homosexuels censément meilleurs.
Mais cette revendication, une fois de plus est raciste.
Tout citoyen juif d’Israël peut et doit servir dans les forces israéliennes d’occupation, mais ce sont les forces meurtrières engagées dans le génocide du peuple palestinien.
Que certains de ses soldats tueurs soient homosexuels, l’armée en est-elle plus morale pour autant ? Arrêtons de chercher à savoir quel est le plus grand pourvoyeur de violence.

Qui dénie aux femmes, enfants, et LGTB palestiniens confondus leurs droits les plus fondamentaux : liberté de mouvement, sécurité, abri, nourriture, maison, … la vie ?

Il faut bien reconnaître que la partie coupable est cet Israël « civilisé » et non pas l’hétéropatriarcale Palestine.
La guerre – le militarisme – est une activité hyper-masculine qui glorifie et récompense toute violence, y compris la violence anti-genre, et un soldat entraîné à la violence ne peut pas mettre cette violence de côté quand il ou elle rentre à la maison.
Toute la société israélienne est entraînée à a violence. La violence, ce n’est pas une paire de bottes militaires qu’on peut abandonner à la porte ; la violence devient une seconde nature (sauf si elle était innée, auquel cas elle va s’aggraver) et la communauté entière qui s’engage dans la guerre est une communauté plus violente – et pas seulement sur le front de guerre.

Une lutte conjointe

C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui, comme nous l’avons déjà observé chaque fois qu’Israël passe à l’escalade guerrière contre le peuple palestinien. Pour les Palestiniens, il n’y a ni « front » ni « zones de guerre ». Toute la Palestine historique est le front chaque fois que des foules israéliennes descendent dans la rue se livrer à des actes de violence.
Cette prise de conscience a toujours été au cœur de l’analyse d’INCITE. Nous avons compris que dans des situations de colonialisme de peuplement les femmes autochtones et les personnes non conformes à la loi du genre font les frais de la connexion entre racisme et sexisme.
Nous sommes engagés dans une lutte conjointe, de l’Inde au monde arabe jusqu’à l’Asie du sud-ouest, à l’Afrique et aux Amériques, pour la dignité et la pleine souveraineté des peuples autochtones.
C’est pourquoi INCITE ! Adhère depuis 2010 à l’action BDS contre Israël et reste engagé dans le combat citoyen contre la violence d’état qui cible le peuple palestinien tout entier et dans la campagne académique pour le boycott académique et culturel (US Campaign for the Academic & Cultural Boycott of Israel).
Nada Elia est une Palestinienne de la diaspora née à Bagdad et formée à Beyrouth, journaliste et reporter de guerre, actuellement enseignante dans plusieurs universités aux Etats-Unis. Elle a publié de nombreuses contributions sur la résistance citoyenne, la dynamique du genre et la solidarité transnationale.

24 juillet 2014 – The Electronic Intifada – Vous pouvez consulter cet article à : http://electronicintifada.net/conte…
Traduction : Info-Palestine.eu – AMM

 

 

« Femmes contre le féminisme » : décryptage d’un paradoxe

Source:http://www.madmoizelle.com/anti-feministes-tumblr-271582

Un Tumblr, une page Facebook, et désormais plusieurs articles relaient les photos de femmes qui se proclament « anti-féministes ». Une initiative surprenante, d’autant plus qu’elles ne semblent pas être opposées à l’égalité des droits.

À l’heure où nous publions ces lignes, la page Facebook « Women Against Feminism » avoisine les 5 000 « J’aime ». Reprises par BuzzFeed, les photos « témoignages » de jeunes femmes auto-proclamées « anti-féministes » sont en train de circuler sur les réseaux sociaux, et de nouveaux soutiens affluent en continu sur la page Facebook.

Ma première réaction en découvrant ces témoignages anti-féministes relevait de l’exaspération profonde, doublée d’un faceplam. Il suffit de lire les textes proposés par ces jeunes femmes pour se rendre compte qu’elles n’ont clairement rien compris au féminisme.

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe waf politicize gender« Je n’ai pas besoin du féminisme car je ne veux pas que mon genre soit politisé »
(on a remplacé les visages de ces filles par des chats pour des raisons d’anonymat) 

Mais ton genre EST politisé, là est bien le problème, justement, et surtout aux États-Unis, où de nombreux projets de lois touchent aux droits à l’avortement et à la contraception. Ce sont des lois qui visent à régir le corps des femmes ! Combien de lois se préoccupent de la sexualité masculine, toujours aux États-Unis ? Ne cherchez pas : zéro. Pour résumer, le corps féminin est un objet politique. Et le corps masculin ? Ben non, voyons.

Et pourtant, elles aussi sont féministes

Éliminons d’entrée le quiproquo au coeur de cette histoire : les WAF, Women Against Feminism, sont féministes, quoiqu’elles en disent.

Parce qu’elles se considèrent – à raison ! – l’égal des hommes, parce que tous leurs messages prônent l’égalité entre les sexes et dénoncent toutes formes d’inégalités entre eux.

Il suffit de reprendre quelques uns de leurs arguments les plus récurrents pour s’en convaincre :

« Je n’ai pas besoin du féminisme parce que… je suis pour l’égalité, pas pour défendre les droits des femmes au détriment de ceux des hommes. »

Outre le fait que cet argument figure au top 15 des mauvaises raisons de ne pas être féministe, il est totalement hors sujet : on ne le répètera jamais assez, mais le féminisme ne se bat pas pour les femmes contre les hommes, mais pour l’égalité des droits des individus, indépendamment de leur sexe.

D’autres textes avancent un déni des problématiques touchant au quotidien des femmes, comme leharcèlement de rue, la culture du viol, et les inégalités de genre en général.

Il est extrêmement facile de répondre à ces témoignages : vous ne pouvez pas nier l’existence d’un phénomène juste parce que vous n’en avez pas l’expérience personnellement.

Bien sûr que des femmes peuvent revendiquer n’avoir jamais été victimes de sexisme : je ne vais pas contester leur expérience. Tant mieux pour elles si elles n’ont pas vu leurs choix être entravés par le fait qu’elles sont des femmes. Mais leur expérience n’est ni un argument, ni un exemple. C’est juste leur expérience, point.

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe waf army feminist

Si cette femme n’est pas féministe, je suis un chameau.

D’autres avancent l’égalité des droits acquis pour démontrer l’inutilité du féminisme actuellement. C’est avoir la mémoire bien courte que de penser que l’égalité des droits entre les femmes et les hommes s’est faite naturellement.

La mémoire courte

Merci au féminisme, et donc concrètement aux féministes, de s’être battu•e•s pour faire évoluer les lois et les moeurs de notre société.

Pour l’anecdote, moi aussi j’étais plutôt « team je n’ai pas besoin du féminisme » en grandissant, étant donné que j’avais déjà les mêmes droits civils et politiques que mes frères.

Et puis j’ai réalisé que le droit de vote des femmes datait de 1944 seulement en France, et pire encore : le droit d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son mari date de 1965 seulement.

Allez, une dernière pour la route : l’égalité des époux dans la gestion des biens de la famille et des enfants ne date que de 1985. Quand mes parents se sont mariés, ma mère n’avait pas les mêmes droits que mon père sur la gestion des biens du foyer. À quel point c’est badant ?

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe waf believe equality« Je n’ai pas besoin du féminisme parce que je supporte l’égalité, pas la suprématie » – Toi et moi ensemble, ma soeur.

De l’ignorance, et des critiques

Nombre de ces « arguments » crient toute l’ignorance de ces femmes au sujet du féminisme et des discriminations liées au sexe et au genre.

C’est d’ailleurs à cette analyse que se sont arrêtés Rawstory, le HuffingtonPost et la plupart des médias qui ont relayé le sujet à ce jour, à l’exception notable de Metro UK, qui abonde carrément dans le sens des protestataires.

Pourtant, à lire leurs témoignages, ces femmes sont loin d’être opposées au féminisme. Les blâmer et ramener leurs témoignages à un manque de culture et d’information sur le féminisme semble être une interprétation réductrice de cet élan de protestation.

Sur le Tumblr des Women Against Feminism, le billet « Why I am against feminism » commence par cette explication :

« Je ne pense pas que l’anti-féminisme soit une sorte d’idéologie, de croyance, religion, doctrine, ni même que ce soit un véritable « isme » d’ailleurs.

Je pense qu’il s’agit uniquement d’un terme général pour les gens qui pensent qu’il y a quelque chose de sérieusement malsain dans les actions de ceux qui se revendiquent du « féminisme ». J’utilise ce terme simplement parce qu’il signifie « contre le féminisme », et je suis contre le féminisme pour ces raisons »

Parmi les raisons énumérées, on retrouve trois principales catégories, tout comme dans les témoignages photos postés sur la page Facebook :

  • Ignorance de l’histoire sociale, avec la négation des acquis obtenus grâce au féminisme
  • Ignorance de ce qu’est le féminisme, avec des contresens à propos des combats féministes
  • Critique des méthodes de certain•e•s militant•e•s féministes

« Women Against (Tumblr) Feminism »

Sur leur Tumblr,le billet le plus instructif — en dehors des explications mentionnées ci-dessous — est le vademecum ironique sur « comment être une féministe sur Tumblr ». Et nous touchons enfin au coeur du problème : les anti-féministes contestent en fait la manière de militer de certainesféministes (principalement sur les réseaux sociaux, donc), et pas le féminisme en général.

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe waf tumblr feminist

« Vous ne savez pas comment être une féministe cool sur Tumblr ? Pas de panique, ce cours en accéléré vous aidera à maîtriser la méthode.

1) Tout vous offense. Absolument tout.
2) Commencez tous vos posts avec l’une de ces accroches :

  • J’en ai assez de…
  • Je suis en colère contre…
  • Je veux seulement… Je ne veux même pas
  • Je suis si outrée
  • Quand est-ce qu’on arrêtera de… ?

3) Prenez un exemple trivial. Par exemple, plaignez-vous de la couleur du papier dans les imprimantes.

4) Maintenant, faites-en un problème super important. Plaignez-vous du fait que la couleur du papier participe de votre oppression.

5) Faites en sorte d’attirer l’attention sur vous, puis plaignez-vous de l’attention que vous suscitez. Par exemple, postez des photos de vous en tenue inappropriée*, puis plaignez-vous du fait que des personnes vous réifient.

6) Pour augmenter votre street cred, balancez de temps en temps :

  • Écrasons le patriarcat !
  • Le féminisme prône l’égalité, pas la haine des hommes.

7) Ignorez les histoires positives, optimistes. La vie est une succession de misère et d’oppression, souvenez-vous.

8) Et pour finir : bashez constamment les hommes. Et répétez que vous ne haïssez pas les hommes.

Suivez ces conseils et vous deviendrez une féministe cool sur Tumblr. »

*[NDLR : qu’est-ce qu’une tenue « inappropriée, exactement ? hmm ?]

Qu’est-ce qu’une « féministe cool sur Tumblr » ?

Le contenu de ce billet est peu intéressant de prime abord, puisqu’il s’agit d’une succession de clichés et de mauvaise foi, digne des bingos sur le féminisme.

Car à force de débattre du féminisme sur les réseaux sociaux, les mêmes (mauvais) arguments ont tendance à ressortir. Il y a toujours une personne pour demander à une féministe de « rester calme et courtoise », une autre pour parler des problèmes des hommes (oui, certes, on s’en occupe aussi, et donc ?), une autre encore pour faire des blagues OH MON DIEU SI SPIRITUELLES généralement à base de cuisine et de sandwiches.

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe such originality

Mais à force de se voir opposer les mêmes réponses, les mêmes sarcasmes, il semblerait que « les féministes de Tumblr » aient suscité elles aussi, la création de réponses pré-mâchées.

En témoignent les nombreux messages rejetant le féminisme à cause d’un soi-disant refus d’être réduit à un statut de victime, de voir son genre constamment victimisé.

Dans les débats sur le féminisme sur les réseaux sociaux, la carte « victime » est souvent brandie de pair avec le « tone policing » — le refus de se voir opposer un rappel à la politesse ou au calme dans un débat sur le féminisme.

Quand on est en train d’échanger des arguments sur l’égalité entre les sexes et que votre opposant vous demande de vous calmer, de rester courtoise, c’est condescendant et cela renvoie encore une fois les femmes à un stéréotype d’hystérique émotionnelle.

De plus, les femmes qui s’expriment sont souvent elles-mêmes victimes de discrimination. Demander à une victime de discrimination de « rester calme » quand elle essaie de démontrer la persistence d’injustices dans la société, c’est un peu abusé (alerte euphémisme).

Un peu comme si un•e médecin urgentiste vous demandait d’être patient•e, alors que vous avez mal. Comme si c’était d’une quelconque aide.

Mais peut-être que tous les rappels à la politesse ne sont pas du tone policing. Peut-être que cet argument a tendance à être évoqué un peu trop souvent, peut-être parfois à tort, et alors ? En quoi le ton désagréable de quelques une•s (fût-il justifié, ou non) autorise quiconque à généraliser son jugement à tout un groupe et même tout un courant de pensée ?

Si votre boulanger est désagréable, allez-vous prendre position contre tous les boulangers, proclamer qu’ils détestent leurs clients et se victimisent ? Je reconnais que le dialogue n’est pas toujours courtois avec certaines militantes féministes, et alors ? Elles ont bien le droit d’exprimer leurs opinions, leur expérience, de dénoncer les injustices qui les touchent sans pour autant engager avec elle LE féminisme en général.

De même avec le statut de victime : se reconnaître victime de sexisme ne revient pas à se victimiser, comme on peut le lire sur plusieurs témoignages, et certainement pas à blâmer « les hommes » pour les discriminations dont elles sont victimes.

Où l’on reparle des « Feminazies »

On sent à travers certains témoignages des WAF que l’agressivité qu’elles ressentent vis-à-vis de certaines féministes les a braquées contre le féminisme en général. Et ce ne sont pas certaines des réactions suscitées par leur page Facebook qui vont les réconcilier avec le féminisme.

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe waf tromper de cible

« Hey les gens, j’ai dû supprimer une photo envoyée par une fan. Apparemment, elle recevait trop de messages de haine de la part de féministes, ce qui l’a perturbée. J’ai également reçu des centaines de messages de colères et d’insultes de la part de celles que je vais vraiment appeler « féminazies ». C’est triste que ces « féministes » en viennent à harceler les femmes qui ne pensent pas comme elles. Raison de plus pour que cette page existe. »

« C’est drôle que ces gens, qui clament être victimes de harcèlement et d’oppression par les hommes,en viennent à harceler et opprimer les femmes qui ont une opinion différente de la leur. Le féminisme n’est qu’une hypocrisie, vraiment ! »

Si la colère suscitée par ces photos est totalement légitime, la réaction de certaines féministes l’est moins. Bien sûr que je suis personnellement choquée par ces messages, qu’on fasse passer mon engagement en faveur de l’égalité pour un combat égoïste, qu’on inverse les rôles en faisant passer les victimes de discrimination pour les bourreaux du genre masculin (c’est UN PEU fort de café). Traiter de « nazies » des personnes qui luttent contre une oppression, ce n’est pas acceptable.

Mais harceler les femmes qui ont publié leur témoignage, leur envoyer personnellement des messages d’insultes, cette réaction n’est pas acceptable non plus.

Ces femmes pourraient être nos alliées, elles passent certainement le test « êtes-vous féministe ? », alors pourquoi s’en faire des ennemies en confirmant leur a priori négatif sur le féminisme, à coup de violence verbale ?

Face à l’ignorance, certain•e•s militant•e•s font de la pédagogie, s’emploient à ré-expliquer quotidiennement des concepts déjà détaillés dans des milliers de billets de blogs sur Internet. Grand bien leur en fasse.D’autres considèrent que ce n’est pas à elles de faire ce travail, que c’est à chacun de prendre ses responsabilités et de s’éduquer. Fort bien également.

S’il ne me viendrait pas à l’idée d’aller dire à une « Féministe de Tumblr » qu’elle dessert sa cause en étant trop agressive, trop radicale – bref : « trop engagée », je suis également profondément dérangée par certaines réactions publiées en réponse aux WAF, et notamment ce Tumblr « Je n’ai pas besoin du féminisme… quoique », ou les réponses en photo de cet article.

Qu’on choisisse délibérément de « ne pas parler aux con•ne•s », je peux le comprendre. Après tout, il n’y a pas d’obligation. Et il vaut effectivement mieux s’abstenir d’engager la conversation avec un interlocuteur pour lequel on ne projette d’avoir aucune patience.

Mais qu’on s’adresse avec une pareille condescendance, mêlant l’insulte, aux femmes qui soit ne comprennent pas l’intérêt du féminisme, soit dénoncent les méthodes de certaines militantes, je trouve en effet que cette réponse est profondément contre-productive.

Les WAF ont tort sur le fond, mais sur la forme, elles ne font que copier ce qu’une partie des militantes féministes font déjà : brandir leur expérience, leur ressenti, et l’élever parfois avec mépris au rang de vérité générale.

Ce n’est pas pour autant que les féministes visées par ces messages devraient se remettre en question ; mais ce n’est pas non plus une raison pour redoubler de mépris envers ces femmes. 

« Femmes contre le féminisme » : décryptage dun paradoxe waf look oppressed

« Je n’ai pas besoin du féminisme parce que la société ne me réifie pas, ce sont les féministes qui me disent ça ! Ai-je l’air opprimée ? »

Avec leurs témoignages soi-disant « Anti-Féministes », les WAF tirent sur le messager, autrement dit, sur les militantes féministes les plus visibles, les plus engagées, les plus impliquées. Leurs témoignages transpirent l’ignorance mais aussi l’exaspération d’être infantilisées, de s’entendre répondre «mais si, tu es oppressée, mais si, tu es féministe », de voir leurs arguments moqués, et d’être insultées pour leur désaccord.

Il convient de ne pas dire aux militantes féministes quelles méthodes de lutte elles devraient adopter : nous sommes libres de militer comme nous le jugeons utile et pertinent, et les injonctions paternalistes à base de « tu devrais »« tu dessers ta cause en agissant ainsi » sont extrêmement malvenus.

Mais il ne s’agit pas de cela ici. Il ne s’agit pas de changer des méthodes de lutte, il s’agit de ne pas justifier des comportements inacceptables en se retranchant derrière son statut de militant•e.Insulter ou harceler celles qui ne sont pas d’accord avec nous n’est pas une « méthode de lutte ». C’est un manque de respect.

Dans notre société patriarcale, le cheminement vers le féminisme est pavé d’embûches, qui peut passer par plusieurs stades, et notamment par une phase de rejet, puis après le déclic — souvent très personnel, vers l’apprentissage et l’éducation.

Le féminisme a-t-il tellement d’allié•e•s qu’on puisse se permettre de cracher avec mépris sur celles qui en ignorent l’intérêt ou qui n’en ont pas encore compris les enjeux ?

À celles qui prennent le temps d’envoyer des messages de colère ou d’insultes aux WAF, à celles et ceux qui publient des articles pour moquer leur initiative : ignorez-les si vous voulez, mais si déjà vous investissez de l’énergie à répondre à ces femmes, pourquoi ne pas adresser leurs critiques en expliquant où elles se trompent ? Que comptons-nous accomplir par l’insulte et le mépris, au juste ? 

Palestiniens: privé du droit de vivre et de mourir dans la dignité!!!!!

Aussi indignées que nous le sommes, les femmes palestiniennes à Jérusalem sont descendues dans la rue, et Sarah et moi-même étions dans les rues depuis le matin. Nous les avons vus militariser notre espace de manifestation, et leur avons dit tout ce que nous voulions ; nous leur avons montré qu’ils pouvaient mettre tous les soldats et agents de sécurité qu’ils voulaient – ils n’arriveront pas à stopper les Palestiniens à résister.
La déclaration ci-dessous est dans les deux langues – nous l’avons rédigée ensemble avec toutes les idées et visions merveilleuses des femmes autour de moi et nous espérons continuer notre lutte. Rien qu’en observant notre première manifestation aujourd’hui à la Porte de Damas, on apprend que ce ne sont pas seulement nous, des militantes féministes, ce n’était pas seulement des femmes qui dirigent des organisations de la société civile et des ONGs de femmes et féministes ; c’était des femmes qui passaient, en route pour le marché/suq, et qui s’arrêtaient pour se joindre à nous. C’était des marchandes qui rangeaient leur marchandise, et se mettaient à scander avec nous. Quand nous avons bougé pour la deuxième manifestation devant les bureaux de l’UE, des femmes ont entendu nos slogans, sont sorties de leur maison pour se joindre à nous, ensuite quand nous avons bougé vers notre troisième manifestation devant la Croix rouge, de nouveau plus de femmes ont rejoint la marche….C’était nous toutes, d’endroits, d’âges, de situations, de partis politiques différents qui ont rejoint, la main dans la main, pour exiger l’arrêt des massacres à Gaza…et qualifier Israël de pays terroriste.
Le monde peut ne pas entendre nos voix et nos revendications, mais nous avions besoin de le dire à voix haute, nous avions besoin de nous rassembler, de partager nos histoires de souffrance et de pouvoir, montrer notre solidarité et notre amour à chacune de nous…comme l’Amour est une pratique de liberté.
Fermer les yeux devant les attaques génocidaires contre le peuple palestinien est une complicité avec des crimes contre l’humanité
Fermer les yeux devant les massacres d’Israël à Gaza aujourd’hui, c’est être complice de la brutalité et des attaques génocidaires d’Israël contre le peuple palestinien. Nous écrivons cette déclaration pour condamner fortement les massacres les plus récents d’Israël et les crimes de guerre commis contre des civils et des familles à Gaza, et nous réclamons une cessation immédiate des tueries sans discrimination, une fin du siège, et nous rejetons farouchement la destruction vindicative de la propriété, de l’infrastructure et des moyens d’existence de notre peuple à Gaza.
La dépossession continuelle du droit palestinien à la vie et à un avenir sûr, l’épuration ethnique des palestiniens depuis 1948 et effectivement le déracinement, le déplacement, les démolitions de maisons, les fragmentations des familles, les vols de terres, et l’incarcération, créent des conditions de vie désespérée et sans espoir et étouffent nos possibilités pour le futur. Rester silencieux face aux criminalités continuelles, accepter l’occupation militaire et la violence coloniale, accepter la tuerie de femmes et d’hommes, de jeunes et vieux, de ruraux, de réfugiés et de villageois, c’est approuver les modes variés coloniales de dépossession et refuser aux Palestiniens le droit à une vie digne.
Au nom de “Al-tajamo’ Al-nasawiy Almaqdasy, un groupe de “Coalition de femmes jérusalémites” et des féministes jérusalémites de tous les segments de la société, nous écrivons pour transmette notre profonde condamnation de la perte continues de vies, alors que nous exprimons notre rejet du silence des communautés globales et régionales et la complicité avec le cruel projet sioniste. Nous, femmes, sommes scandalisées des dépossessions sans fin et de la souffrance ordinaire de notre peuple à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupés. Nous refusons d’accepter la violence de la vie quotidienne des réfugiés palestiniens dans les différents camps, ainsi que parmi les Palestiniens de 1948 en Galilée, à Naqab, le Triangle et plus. Nous sommes indignées par le terrorisme du régime de colons sionistes, ainsi que par les rouages d’oppression qui gravent la douleur et marquent l’ensemble et les vies de nos familles, nos filles, nos fils et communautés comme des objets non-humains jetables « les Autres » et des entités non reconnues, comme des ensembles et des vies nus, dépossédé du droit de vivre, de la sécurité, et même du droit de mourir dans la dignité.
Aujourd’hui, comme femmes palestiniennes nous sommes là pour rejeter tout déni de notre droit aux droits et refuser de normaliser ou justifier la violence de l’occupation et de la colonisation israélienne, tout en réclamant fermement une fin au régime sioniste, aux rouages du régime sioniste et sa violente structure coloniale. Plus de 60 ans de violence structurelle sioniste ont passé, une longue période de dépossession continue, de déplacement et de déracinement. Et aujourd’hui, à Gaza, et pendant toute la Palestine historique, nous ré-expérimentons le déplacement et la fragmentation de nos familles et de nos communautés, la création de milliers de réfugiés en plus ; nous ré-expérimentons la mort palestinienne et des crimes contre notre peuple ; nous revivons l’annihilation de notre avenir et de nos droits à l’autodétermination, pendant que le monde regarde.
Aujourd’hui, comme femmes palestiniennes nous sommes là, pour insister sur notre droit à résister contre la brutalité du régime de colonisation, et affirmer notre droit inhérent à nous défendre nous-mêmes. Nous nous exprimons contre la criminalité persistante, contre les représailles à l’encontre de notre peuple ; nous réclamons la fin du silence, une fin de l’aveuglement volontaire de la communauté internationale, et de l’aphasie coloniale qui entoure notre catastrophe, et nous réclamons le droit de parler ouvertement de notre traumatisme et de notre détermination. Aujourd’hui, nous sommes là avec le pouvoir de nos ancêtres, le pouvoir de notre détermination et le pouvoir de notre juste cause. Notre espoir pour l‘avenir et l’amour de la vie alimentent notre lutte contre des injustices permanentes ; nous continuons notre longue histoire de résistance populaire contre l’état sioniste pour une vie de sécurité et dignité. Nous sommes là pour dire – ne soyez pas des observateurs voyeuristes ; ne soyez pas des fossoyeurs ; soutenez notre lutte pour vivre la vie, pour ne pas la tuer !
Au nom de la justesse de notre cause :
1. D’abord et avant tout, nous réclamons une fin immédiate des massacres et des crimes de guerre que l’état israélien est en train de commettre à Gaza. Nous réclamons une fin immédiate de la légalité de notre victimisation – malgré notre détermination Sumud ( ???) – et insistons avec force pour stopper les attaques et massacres continuels qui ont commencé en 1948 à Deir Yassin, Qufr Qasim, Eilaboon, ont continué pendant les incursions à Hébron et Jenin, et ont compris les camps de réfugiés de Sabra et Shatila au Liban, et continuent maintenant à Shejaiyya et d’autres environs de Gaza. Nous réclamons une fin de la brutalité, de la dépossession et de la démonisation qui est marqué sur l’ensemble des Palestiniens, sur la famille palestinienne, sur l’intimité des femmes, sur la sexualité des femmes, sur l’ensemble des femmes, sur l’ensemble des femmes enceintes, sur l’ensemble des femmes qui accouchent, la douleur qui est même inscrite sur l’ensemble de nos morts.
2. Nous appelons la communauté internationale et le monde arabe, leurs filles et leurs fils, à faire pression sur leurs gouvernements et stopper la Nakba permanente, y compris l’attaque très sanglante de Gaza.
3. Nous appelons les organisations de la société civile, les organisations régionales et les organisations internationales des droits humains et humanitaires à travailler ensemble pour aider à terminer l’occupation israélienne.
4. Nous réclamons une fin immédiate de la punition collective qui met en cage les Palestiniens dans des prisons fermées et ouvertes, qui pourchasse les gens dans leurs maisons, dans leur lieu de croyance, dans leurs écoles et même dans leurs cimetières.
5. Nous revendiquons la préservation de la sécurité pour les femmes palestiniennes courageuses qui continuent à résister contre l’oppression coloniale par leurs contributions journalières, y compris par des tentatives quotidiennes de fournir la sécurité et la sûreté aux plus vulnérables dans notre peuple – à ceux qu’elles aiment, leurs bébés, même dans leur sein, leurs étudiants, nos enfants, les vieillards, et ceux dans le besoin – et pour préserver notre histoire, culture et continuité comme peuple.
6. Nous insistons fort pour que la communauté féministe internationale, y compris des lauréates du Nobel et d’autres militantes féministes, à se soulever contre la violence permanente dirigée contre des individus palestiniens et notre société dans son ensemble, et à travailler plus fort à prévenir de continuels massacres, déplacements forcés et une destruction de notre structure sociale.
7. Nous appelons toutes les personnes du monde qui ont souffert d’atrocités, de déshumanisation, de déplacements et de crimes de guerre à être à nos côtés et faire entendre leur voix.
8. Nous réclamons la responsabilisation des criminels, que ces criminels soient des représentants de l’état israélien, d’organisations privées, ou des individus, et de responsabiliser Israël pour ses crimes de guerre et obliger l’état à respecter les traités internationaux y compris la 4e Convention de Genève, le statut de Rome et d’autres traités en rapport.
9. Nous insistons auprès de toutes les personnes de conscience de soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), de désinvestir d’Israël, d’imposer des sanctions économiques à Israël et d’exclure Israël en le définissant comme un état terroriste.
Signé par la Coalition des femmes jérusalémites
(La Coalition comprend des femmes de tous les segments de la société palestinienne, avec toutes ses différences)

Face à l’impunité israélienne : pour un féminisme décolonial

Appel que le CFPE relaie et soutient:
https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?fromEmail=true&formkey=dE43S01RdmtKWXpIdXc5UXlzTkJMT3c6MA

 Par le présent appel, l’association EFIGIES (association de jeunes chercheur-e-s en Études Féministes, Genre et Sexualités) fait acte de sa solidarité avec les Gazaoui-e-s assiégé-e-s, assassiné-e-s, et plus généralement avec les Palestiniennes et les Palestiniens dont l’assujettissement colonial perdure. À l’heure actuelle, l’islamophobie, le racisme, les représentations coloniales persistantes dévaluent les vies palestiniennes, criminalisent et déshumanisent les manifestant-e-s pro-palestiniennes. Étant donné notre engagement dans le champ académique en France, nous ne pouvons rester indifférent-e-s à l’implication de certains discours universitaires et féministes dans la production de l’islamophobie et du racisme, ou du moins leur désengagement au regard des réflexions postcoloniales. Ces représentations coloniales, qui imprègnent le soutien inconditionnel de la France à la politique de l’État israélien, doivent urgemment être déconstruites dans le cadre d’une épistémologie rigoureuse et non ethnocentrique, incluant les outils des études postcoloniales, notamment dans leur intrication aux formations genrées et aux catégories sexuelles. Le Pinkwashing et l’homonationalisme d’Israël commencent à être internationalement déconstruits et dénoncés. Mais en France, les féminismes hégémoniques, de par certains de leurs positionnements notamment face au port du voile et à la religion musulmane, entretiennent l’islamophobie et participent à la minimisation des crimes commis envers les Palestinien-ne-s. Alors que l’Université de Tel Aviv accorde aux étudiants qui servent dans l’attaque contre Gaza la gratuité des inscriptions pour un an, et qu’un avis diffusé à l’Université Hébraïque de Jérusalem annonce une collecte de produits pour les soldats au front, nous invitons les étudiant.e.s et chercheur.e.s en genre, féminisme et sexualité à participer personnellement au boycott académique d’Israël et à signer la pétition contre l’interdiction du soutien à la Palestine de l’association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) : http://www.aurdip.fr/Petition-contre-l-interdiction-du.html Le colonialisme ne crée pas seulement de tels produits « symboliques », qui en retour l’étayent. Ses enjeux sont géopolitiques et économiques, et parce que nous ne distinguons pas notre engagement dans la recherche et nos positionnements pratiques, nous relayons également et vous invitons à diffuser l’appel de la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions, réponse citoyenne et non-violente à l’impunité d’Israël : http://www.bdsfrance.org/ En solidarité, Le bureau d’EFIGIES

L’expérience inédite et dérangeante du Collectif des Féministes pour l’Égalité, par Cecilia Baeza

*****Avertissement: Cet article a été écrit en 2006 et il reste toujours d’actualité*******

Les débats précédant le vote de la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école auront au moins eu un mérite : ils ont été le catalyseur d’une dynamique unique dans le paysage féministe non seulement français mais européen. À contre-courant d’une logique qui aurait voulu que tout nous oppose, des femmes – voilées, non voilées, athées, croyantes et agnostiques, Françaises et étrangères – ont en effet décidé d’investir ensemble le champ féministe et de déconstruire l’idée selon laquelle le référent religieux musulman serait par essence incompatible avec la lutte pour l’égalité entre les sexes. L’objet de cet article consiste à revenir sur la généalogie du Collectif des Féministes pour l’Égalité et à en tirer les premiers bilans.

Suite à télécharger: nqf_25_3_2006_Cecilia Baeza

Dix réflexions sur dix ans d’islamophobie, ou le rendez-vous manqué de la gauche

source: https://visceraoul.wordpress.com/2014/03/14/dix-reflexions-sur-dix-ans-dislamophobie-ou-le-rendez-vous-manque-de-la-gauche/

Le 15 mars, cela fait dix ans que la loi interdisant le port du voile à l’école fut votée. « Non, l’interdiction des signes religieux »… Admettons, il n’empêche que les premières visées furent les femmes voilées. Issu d’une famille communiste, de classe moyenne, ayant grandi dans un milieu social éloigné de toute influence « islamique », étudiant, salarié dans un collège classé ZEP de Seine-Saint-Denis, je me suis très tôt engagé à gauche de l’échiquier politique, et il m’est toujours apparu comme naturel, en liaison avec mes engagements, mes aspirations, de me mobiliser contre cette loi, ainsi que contre toutes les lois islamophobes qui ont suivi.

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Mes positions m’ont assez souvent amené à me retrouver seul dans les débats entamés avec mes « camarades ». Certains étaient contre le voile et pour la loi, d’autres contre le voile et contre la loi. Dans mon parcours de « petit militant gauchiste », la question du « vivre ensemble » m’a toujours interpellé. Tout autant d’ailleurs que ma volonté de chercher, perpétuellement, des bases de convergences de luttes sur lesquelles pourraient s’articuler différentes organisations, qu’elles soient associatives, politiques, culturelles ou cultuelles. Ce cheminement m’a conduit, au vu des causes pour lesquelles je m’engage, assez rapidement, à rencontrer des musulmanes, voilées ou non, et donc à engager des débats avec elles.

Première réflexion. Là où je voyais avant tout une personne, un individu, capable de penser et d’argumenter, un certain nombre de mes « camarades » ne voient qu’un voile. On efface ainsi l’histoire d’un individu, son quotidien, son identité même, tout cela étant essentialisé dans un bout de tissu. Certaines de ces filles sont devenues, avec le temps, des amies, amies avec qui j’aime discuter, dialoguer, débattre, m’engueuler… Tout autant que j’aime discuter, dialoguer, débattre, m’engueuler, avec mes « camarades ». Et non, je n’ai pas plus de divergences avec les uns qu’avec les autres.

Deuxième réflexion. La première raison qui fait qu’elles sont l’objet de tant d’animosité, au sein de mon milieu politique, tient au fait qu’elles sont jugées comme des femmes intrinsèquement soumises, dotées d’une liberté limitée (puisqu’elles se soumettent à Dieu). Dans tous les débats qui ont lieu, il est extrêmement rare que l’on laisse la parole à des musulmanes, voilées ou non d’ailleurs. Elles sont des sujets dont on aime débattre mais avec qui l’on refuse de débattre. Et les quelques expériences que j’ai pu avoir, de débats publics ou privés, entre mon milieu politique et ces filles m’ont toujours laissé sceptique. On ne cherche pas les convergences, on cherche les divergences. Peu importe ce qu’elles vont dire, ou affirmer, on cherchera toujours la petite bête, le détail, la phrase qui nous permettra de les pointer du doigt, de nous en écarter, de maintenir une méfiance schizophrénique. Quoi qu’elles disent, elles ne sont ni entendues, ni considérées, et souvent, ni respectées.

Troisième réflexion. Vient alors la question du féminisme. Vaste débat donc, où très tôt je n’ai pas compris la subtilité de ces féministes qui ont soutenu la loi de 2004 « pour la liberté de la femme ». La liberté est donc dictée par la loi. On libère en interdisant. On prétend travailler à l’émancipation des femmes en cherchant à en exclure certaines du principal lieu d’éveil et d’affirmation de notre société, à savoir l’école, et plus récemment encore, le travail. Mes amies musulmanes voilées sont loin d’être soumises, elles revendiquent l’égalité salariale, la parité homme-femme, la dignité. Dignité que certains mouvements féministes prétendent défendre en multipliant les stéréotypes sur ces femmes. Comme le dit Christine Delphy : « la majorité des groupes féministes a fait un très mauvais deal avec l’État, c’était l’occasion pour le mouvement féministe de dire « écoutez, des symboles il y en a à la pelle, celui-là ne nous dérange pas plus que d’autres […] comme le string, la pornographie, les talons aiguilles etc… Ce qui nous dérange vraiment c’est d’être payé 25% de moins que les hommes, c’est de nous taper 80% du travail domestique, c’est d’être achetées et vendues comme des marchandises, c’est d’être battues, c’est d’être tuées par des coups, ça, ça nous dérange beaucoup et vous ne faites pas grand-chose ». » On me renvoie souvent à Marx, puisque être marxiste signifie nécessairement être anticlérical. Cette vision des choses est évidemment bien biaisée depuis quelques temps (cf. La haine de la religion de Pierre Tevanian, et L’islam la République et le Monde d’Alain Gresh), mais j’aime renvoyer ces mêmes personnes à leurs propres lectures libertaires. Être « marxiste », c’est défendre l’émancipation humaine, et dans ce cadre, défendre les libertés personnelles de chacun(e), et respecter ses choix, qu’ils soient croyants ou non. Œuvrer pour le droit des femmes à disposer de leur corps, c’est aussi œuvrer pour qu’elles aient le droit, ou non, de porter le foulard.

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Quatrième réflexion. On me parle ensuite de l’école qui est un lieu laïc, où la religion n’a pas sa place. Réveillez-vous ! La neutralité religieuse, dans la loi de 1905, s’impose aux fonctionnaires, et aux politiques d’État, pas à ceux qui en font usage. Votre laïcisme devient un dogme que vous érigez comme le tenant et l’aboutissant de toutes questions religieuses. Nous ne sommes plus en 1905, mais si vous tenez vraiment à faire respecter cette loi qui vous est chère, alors inscrivez-vous dans sa droite ligne, ni plus ni moins. Par ailleurs, je considère l’école comme un lieu à la fois d’affirmation de sa propre identité, et d’éveil intellectuel et culturel. Dans ce but, chacun doit pouvoir s’y sentir le mieux du monde, afin d’y évoluer à son aise.

Cinquième réflexion. Le débat se lance alors sur le foulard symbole d’oppression, oppression des mollahs iraniens, des islamistes algériens etc… Ces musulmanes voilées importeraient donc des coutumes « étrangères » dans le pays du vin et du fromage. Des « coutumes », voilà le problème. Ces jeunes filles ne pensent pas avec une grille de lecture iranienne, ou algérienne, ni même islamiste, mais dans le cadre de la République française, laïque, de ses règles et de ses lois. Ceux qui hurlent à l’écoute de cet argument n’ont véritablement jamais pris le temps de dialoguer avec des femmes voilées. L’école et la réussite scolaire y sont sacralisées autant, voire bien plus, qu’auprès des « petits blancs » athées. Elles n’importent rien, c’est vous qui analysez une situation française avec la grille de lecture du journal de 20h. Il y a des femmes voilées en France, elles l’ont choisi et le portent dignement, réflexe purement colonial que de le considérer comme « étranger », s’en effrayer, puis de vouloir tout bonnement l’interdire. Le plus ironique ici, c’est que les femmes qui en Iran ou en Égypte, ou ailleurs, se battent contre ceux qui souhaitent imposer le voile, ne réclament pas l’interdiction du voile, mais simplement la liberté pour chacun(e) de le porter, ou non. Et celles qui militent pour le porter ici, ne soutiennent pas le machisme qui peut l’imposer ailleurs. Elles ne sont pas « pro-voile », elles sont « pro-choix ». Entre des intégristes qui rêvent d’imposer le voile à toutes les femmes, et mouvements féministes qui rêvent de dévoiler de force toutes les femmes, au prix de leur exclusion scolaire, je ne vois aucune différence, les deux démarches sont extrémistes et vont à l’encontre de la liberté individuelle.

Sixième réflexion. Et non des moindres. On trouvera toujours une référence, d’une intellectuelle arabe, vivant en France ou à l’étranger, témoignant des conditions dans lesquelles elles se sont vues imposer le voile. On trouvera toujours des organisations, souvent proches des cercles du pouvoir (cf. Ni putes ni soumises, SOS racisme…), soutenant corps et âmes la quasi-totalité des lois islamophobes. D’ailleurs, notons ici que ces mêmes organisations peinent, généralement, à reconnaître le terme d’islamophobie. Alors que c’est aux victimes d’une discrimination que revient légitimement le droit de définir les termes du débat, et non aux tenants du système qui les opprime. Dans les faits, je ne nie pas que le voile, en France, puisse être imposé à certaines jeunes femmes. Mais le problème revient au même. Si ces femmes sont victimes d’une quelconque oppression, alors pourquoi leur imposer en plus l’exclusion scolaire, la mise au ban de la société, l’humiliation ? Si en revanche vous souhaitez vous attaquer à celles qui le portent de leur propre volonté, alors comment prétendre respecter une quelconque liberté féminine ? Ou bien peut-être ne défendez-vous qu’une liberté à votre propre image, on ne peut donc être libre que d’une seule manière.

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Septième réflexion. On sort alors la grosse artillerie. Et l’homosexualité ? Le droit à l’avortement ? Autant de questions qui permettent à mon milieu politique de semer le trouble sur ces femmes qui, de par leurs tenues vestimentaires, seraient nécessairement symboles d’archaïsmes, loin des idéaux féministes. Ma réponse est en fait assez simple. Je connais des filles musulmanes, voilées ou non, qui défendent les droits des homosexuels. J’en connais qui refusent leurs droits au mariage. J’ai des amis, athées, chrétiens, juifs, qui vomissent le mariage homosexuel. J’ai des connaissances, au sein de mon milieu politique, qui ne sont pas nécessairement favorables au mariage homosexuel. Alors que faire ? Et bien simplement en débattre, de manière calme et réfléchie, afin de trouver, coûte que coûte, des bases de convergences possible, et faire évoluer le débat. Je le fais perpétuellement avec mes « camarades » sur de nombreuses questions, pourquoi pas sur celle-ci avec elles ? « Oui mais l’Union des Organisations Islamiques de France a signé l’appel contre le droit des homosexuels à se marier ». Oui, et j’ai à de nombreuses reprises condamné cette position, mais je n’essentialise pas pour autant toutes les femmes musulmanes, voilé(e)s ou non, derrière cette prise de position. Là encore, celles et ceux qui n’ont pas pris le temps d’en parler avec les premières concernées, ne peuvent que s’arrêter à des préjugés. Pour le droit à l’avortement, je me réfère simplement à l’article de Cécilia Baeza, Ismahane Chouder et Malika Latrèche, fondatrices du Collectif des Féministes Pour l’Égalité, « Inch Allah l’égalité ! » :

« Nous avions un peu l’impression de devoir valider notre « certificat de féminisme ». […] J’aurais pu aller manifester pour la loi Veil en tant qu’Ismahane, en sachant pourquoi j’étais là, car je n’ai pas de réticence personnelle par rapport au droit à l’avortement. Pour moi, c’est un droit acquis, qui se trouve reconnu et codifié avec précision dans les textes de référence islamique.  […] Ce qui me posait problème était cette visibilité publique de femmes musulmanes dans une manifestation, où elles n’auraient pas la possibilité d’expliquer les raisons nuancées de leur présence : notamment la possibilité de souligner la différence entre être « pour l’avortement » et « pour le droit à l’avortement ». […] Nos débats internes ont abouti à un accord sur le droit de recourir à l’avortement, ce qui n’est pas une obligation pour celles qui ne veulent pas y recourir, mais laisse la liberté de le faire à celles qui le choisissent. Et nous avons donc décidé de nous associer à l’Appel à manifester pour défendre ce droit. Mais de toutes façons, quelle que soit notre position, on le retourne contre nous. En l’occurrence, nous prenons position pour le droit à l’avortement, mais évidemment on nous accuse de double discours et d’opportunisme. […] nous avions pris la peine d’écrire un courrier en bonne et due forme, mais la direction du Collectif National pour la Défense des Femmes n’a pas voulu intégrer notre signature, en prétextant un retard de notre part, alors qu’on était quinze jours avant la manif. »

Huitième réflexion. On en conclut alors que ce qui dérange, au final, c’est l’islam en tant que tel, dans ses représentations. On en revient au fameux texte de Pierre Bourdieu « Un problème peut en cacher un autre », où il expose au final les débats sur le voile, et l’islam, à deux questions, l’une patente et l’autre latente. La question patente serait « Faut-il ou non accepter à l’école le port du voile dit islamique ? », occultant ainsi la question latente, à savoir « Faut-il ou non accepter en France les immigrés d’origine nord-africaine ? ». Question à laquelle ils ne peuvent évidemment pas donner une réponse, auquel cas celle-ci risquant d’être inavouable.

Neuvième réflexion. En s’alignant comme des soutiens à ces lois dont je juge le caractère islamophobe, on laisse ainsi se propager, en France, le discours islamophobe. Ce discours, qu’on se le dise, ne profite pas à la gauche française, qui perd par la même le soutien qu’il aimerait avoir auprès de cette communauté musulmane. Combien de fois ai-je entendu « Être musulman, et voter à droite, c’est laisser le loup entrer dans la bergerie ». Cette phrase est sortie à plusieurs reprises, de ma propre bouche. Sauf que ce soutien à la gauche, s’il existe bel et bien, n’a rien de naturel. En poursuivant notre chemin, enfermés dans nos pré-carrés militants, on alimente une droite et une extrême droite qui ne sont jamais plus fortes que lorsque l’islam est au centre du ring, et nous nous étonnons par la suite du peu d’intérêt que peut porter cette communauté, à nos luttes. Difficile de s’engager, lorsque l’on se sent méprisé ou épié. Difficile non plus de ne pas être tenté par le communautarisme.

Dixième et dernière réflexion. Cet article me vaudra sûrement l’adjectif d’islamo-gauchiste par une partie de mon milieu politique, par les mêmes personnes qui font une équation parfaite entre femme voilée et soumission. Au final, mes « camarades » ne sont peut-être pas ceux que je pensais. Puisque comme vous aimez tant citer Elsa Triolet : « les barricades n’ont que deux côtés », et mes « camarades » ne sont pas ceux qui œuvrent à la division de mon côté de la barricade. Mes « camarades » sont des hommes et des femmes, athées ou croyants, voilées ou non, qui œuvrent au vivre ensemble, à la recherche de convergences pouvant déboucher sur une victoire de nos luttes sociales, et surtout, qui demeurent ouvert à la discussion, aux rencontres, et à l’enrichissement mutuel.

Analyse de l ‘article suivant: http://www.policymic.com/articles/77455/femen-s-protest-in-bethlehem-shows-just-how-clueless-they-are
par Michel Warschawski

Féminisme? Non, colonialisme!
Il y a des gens qui aiment montrer au passant leurs fesses ou leurs parties génitales, on les appelle des exhibitionnistes. Dans certains pays, l’exhibitionnisme est considéré comme un crime, dans d’autres c’est une sorte de trouble mental léger et ils sont envoyés vers un traitement psychiatrique. Personnellement, je ne pense pas que l’exhibitionniste nuise à quiconque
et doit donc être laissé libre, ni en prison ni en hôpital psychiatrique .
Le groupe FEMEN, est un groupe d’exhibitionnistes qui aiment montrer leurs seins aux passants. Jusqu’ici, pas de probleme. Elles affirment pourtant que leurs provocations relèvent de la manifestation politique, et même d’une manifestation féministe. Dans les années soixante-dix, j’ai appris du mouvement féministe que le corps de la femme n’est pas un objet de publicité, y compris d’une éventuelle publicité politique .
Les Femen ne sont pas plus féministes que les filles de Playboy ou des danseuses de strip-tease, avec une différence cependant : alors que les strip-teaseuses se déshabillent en public pour de gagner leur vie, le gang Femen n’a même pas cette excuse pour ses expositions publiques.
Il y a quelques mois, les Femen avaient décidé d’aller montrer leurs seins en Tunisie, afin de donner des leçons aux Tunisiennes sur la libération des femmes. Au cours d’une contre-manifestation, des féministes Tunisiennes – certains voilées et d’autres dévoilées- ont clairement signifié aux Femen qu’elles n’étaient pas les bienvenus en Tunisie.  » Vous ne nous enseignerez pas ce qu’est la libération des femmes ici ! », A déclaré une femme Tunisienne à la bande Femen, « retournez chez vous et n’essayez pas de nous coloniser. »
 » Colonialistes  » c’est la vraie caractéristique des Femen : des femmes occidentales qui prétendent enseigner aux femmes Arabes (et a d’autre) ce qu’est l’émancipation des femmes et la façon dont elles devraient s’y prendre. Après le prêtre catholique et sa bible, la Femen et ses seins ! Rien n’a changé : l’Occident tente toujours encore d’éduquer les indigènes et leur montrer ce qu’est la vraie civilisation.
Les Femen sont allées à Bethléem à Noël pour exposer leurs corps à Basilique de la Nativité. Je suppose que les femmes de Bethléem, Chrétiennes et Musulmanes ensemble, ont du leur montrer le chemin de l’aéroport de Lod, en précisant que celles qui ont participé, voire mené la grande Intifada de 1987, et pris une part active dans la résistance à l’occupation coloniale israélienne qui dure depuis près d’un demi siècle, de telles femmes n’ont pas besoin de leçons de résistance de la part d’occidentales qui montrent leurs seins pour quelques minutes de publicité.
Michel Warschawski

 

« Sorties scolaires: le Conseil d’État n’est pas hostile au voile », Par Paule Gonzales, Le Figaro

Source : le figaro:http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/23/01016-20131223ARTFIG00648-sorties-scolaires-le-conseil-d-etat-n-est-pas-hostile-au-voile.php

Début décembre à Méru (Oise), cette maman était évincée de la préparation d’un goûter de Noël au pretexte qu’elle portait le voile.Crédits photo : FRED DUFOUR/AFP

Par cet avis, il fragilise la position des chefs d’établissement jusqu’à présent protégés par la circulaire Chatel de 2012.

À la rentrée, les directeurs d’école se retrouveront fort dépourvus. Jusqu’à lundi dernier, ils pouvaient se retrancher derrière la circulaire de rentrée de 2012 de Luc Chatel pour interdire aux mamans voilées d’être accompagnatrices des sorties scolaires. L’avis du Conseil d’État sollicité par le Défenseur des droits1 et qui lui a été transmis lundi rend la situation plus confuse que jamais. Sans citer la fameuse circulaire, l’une des hautes instances de la République estime, dans un avis de trente pages, que la charte de la laïcité2s’impose certes aux agents de la fonction publique mais non à ses usagers. Autrement dit, pas aux parents accompagnateurs qui en aucun cas ne peuvent être considérés comme agents ou même comme «collaborateurs occasionnels de service public» ou «participants». De fait, la neutralité religieuse ne s’impose pas.

Les mères voilées ne sont pas satisfaites pour autant: «Finalement, c’est toujours pas clair, on repart à zéro!» s’exaspère Khadidja Souiri, du collectif «Sorties scolaires, avec nous». «Vous n’imaginez pas combien les relations entre parents et enseignants ont été polluées par cette situation discriminatoire…»

Cette position du Conseil d’État bat en brèche tout à la fois la circulaire Chatel sur laquelle les directeurs d’école s’appuyaient depuis 2012 pour interdire les mamans voilées dans les sorties scolaires, ainsi que la décision du tribunal administratif de Montreuil en 2011. «Il n’y a pas eu de recours contre la décision du tribunal de Montreuil, il n’y avait donc aucune raison d’en tenir compte», souligne sobrement un conseiller d’État bon connaisseur du dossier. Dès lors, les tenants du voile à l’école auront beau jeu, dès janvier, d’opposer aux chefs d’établissement la fragilité de la circulaire Chatel pour passer outre à l’interdiction. Même si le ministère de l’Éducation nationale s’est empressé de faire savoir que cette dernière «reste valable». Éric Ciotti, ­député UMP des Alpes-Maritimes, s’est d’ailleurs empressé de réclamer une nouvelle circulaire, à défaut d’une loi.

Le Conseil d’État a bien conscience de la difficulté juridique puisqu’il a cependant tempéré sa position et laisse une petite porte entrebâillée. Il rappelle en effet, que «pour les usagers du service public et les tiers à ce service qui ne sont pas soumis à l’exigence de neutralité religieuse, des restrictions à la liberté de manifester des opinions religieuses peuvent résulter soit de textes particuliers, soit de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service». Ces dernières peuvent être imposées par «l’autorité compétente», en l’occurrence les directeurs d’école. Il découle de ce «pouvoir réglementaire d’organisation» que les chefs d’établissement peuvent être conduits, «s’agissant des parents d’élèves qui participent à des déplacements ou des activités scolaires, à recommander de s’abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses». Autrement dit, «c’est au cas par cas et jugeant en opportunité et de manière proportionnée», comme le rappelle un bon connaisseur du dossier, que les décisions devront être prises. Un mode de raisonnement qui reprend le premier arrêt du Conseil d’État sur le voile en 1989. Mais, précise un haut fonctionnaire, «une chose est sûre, le Conseil d’État renverse la base juridique. Jusqu’à présent, il y avait la circulaire et des exceptions consenties par les chefs d’établissement. Désormais, l’application stricte de la laïcité devient l’exception».

La conséquence, c’est que la zone d’ombre que voulait éclaircir le Défenseur des droits en sollicitant l’avis du Conseil d’État demeure. Si ce dernier estime clairement qu’une nouvelle loi ne se justifie pas, il lui faudra d’une manière ou d’une autre effectuer, de l’avis d’un expert, «un petit recalibrage». Sans doute à l’occasion d’un recours. Il n’est pas certain, cependant, que cela sera dans le sens que souhaite le gouvernement. Car, dans ce même avis, le Conseil d’État n’hésite pas à rappeler le cas très médiatisé de la crèche Baby-Loup. Et à prendre le parti de la Cour de cassation qui avait statué en faveur de l’employée voilée qui avait été licenciée. Il y a quinze jours, la cour d’appel de Paris s’était rebellée contre cette position et avait jugé en substance que la crèche Baby-Loup remplissant une mission de service public, le principe de neutralité religieuse s’appliquait. Une position que réfute le Conseil d’État, qui estime qu’une mission de service public se distingue par son rattachement à une ou plusieurs personnes publiques. Ce qui n’est pas le cas de Baby-Loup, structure complètement privée…

 

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Polémique autour du voile des mamans musulmanes lors des sorties scolaires. Le Conseil d’Etat a rendu son avis mais n’a pas tranché. D. Bouzar sur RMC explique les conséquences du refus du voile sur l’intégration des enfants.:
http://rmc.bfmtv.com/info/556501/voiles-sorties-scolaires-ces-mamans-ne-sont-pas-faire-proselytisme-explique-bouzar/