Enregistrement de la soirée débat organisée par le CFPE du 8 Juin 2017

Pour les personnes qui n’auraient pas pu se rendre à cette réunion publique voici les enregistrement des intervenantes lors de cette soirée débat sur « Féminisme et Intersectionnalité » :

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Urgence antiraciste. Pour une démocratie inclusive

Vient de paraître aux éditions du Croquant

Urgence antiraciste. Pour une démocratie inclusive
Collectif des auteurs: Nils Andersson- Farid Bennaï – Adda Bekkouche- Saïd Bouamama – Martine Boudet (coordination)- Monique Crinon – Christian Delarue – Bernard Dreano- Mireille Fanon Mendés-France- Patrick Farbiaz- Augustin Grosdoy- Gilles Manceron – Gus Massiah- Paul Mensah- Evelyne Perrin-Alice Picard- Louis-Georges Tin- Aminata Traoré (préface)
Avec le soutien des associations et réseaux: Attac France- Attac Togo/CADTM-  Cedetim/IPAM -CRAN- Collectif des féministes pour l’Égalité/CFPE Fondation Frantz Fanon – FUIQP – MRAP- Reprenons l’initiative- Sang pour Sans – Sortir du colonialisme

– en librairie en mars ;
– sur le site de l’éditeur  cliquer ici / https://editions-croquant.org/les-collections/product/384-urgence-antiraciste
Il vous sera envoyé franco de port.
Prix : 10 € pour le livre, 7,5 € pour l’e-book (PDF)-236 pages

 

Cet essai paraît dans une période électorale où la récupération des questions identitaires est monnaie courante. En temps de crise du système néo-libéral et au motif de la « guerre contre le terrorisme», les politiques nationalistes et sécuritaires gagnent du terrain.
L’affaire Adama Traoré, l’affaire Théo… autant de marqueurs d’une actualité ambivalente,  qui questionne le racisme institutionnel et met à l’ordre du jour la fin de la colonialité des savoirs et des pouvoirs, base des xénophobies.
Il s’agit, pour ce faire, d’ancrer les mobilisations antiracistes en France dans leur environnement international. L’« intersectionnalité » des dominations d’origine, de genre, liées au statut social… rend nécessaire par ailleurs de relier les luttes émancipatrices des catégories concernées.
Ce livre est à l’initiative de représentant(e)s d’associations antiracistes et altermondialistes, originaires ou non de l’immigration, des outre-mer et d’Afrique. L’objectif est de faire front dans ce secteur du débat public et d’apporter des réponses claires sur le terrain de l’altermondialisme et d’une démocratie inclusive.

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Table des matières
Préface

Face à l’ordre et au chaos, construisons un autre monde, par Aminata Traoré, ancienne ministre malienne de la Culture et du Tourisme, altermondialiste et écrivaine

Introduction
Un contexte (inter)national bouleversé et source de conflits démultipliés

Première partie – État des lieux historique et géopolitique
Le profit et le chaos, géopolitique d’un XXIe siècle commençant, par Bernard Dréano, co-président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM) et fondateur de l’Assemblée européenne des Citoyens, branche française du réseau international Helsinki Citizens’ Assembly
La nécessaire désaliénation du colonisateur, par Nils Andersson, président du Conseil scientifique de Sortir du colonialisme
L’urgence de la démocratisation des relations Afrique-France- monde, par Paul Mensah, membre du Conseil scientifique d’Attac Togo
Une géopolitique du chaos : l’espace arabophone entre mouvements d’émancipation, autoritarisme étatique, islamisme radical et nouvelles formes d’impérialismes, par Adda Bekkouche, juriste en droit international, membre du Conseil scientifique d’Attac France
Migrations : « crise de l’accueil » entre hypocrisie et irresponsabilité, par Augustin Grosdoy, co-président du MRAP et membre du Conseil d’administration d’Attac France

Deuxième partie : Xénophobie d’État et mobilisations antiracistes
Esclavage et traite négrière : du devoir de mémoire au devoir de réparation, par Louis-Georges Tin, universitaire et président du Cran
La décennie internationale de l’ONU pour les personnes d’ascendance africaine, un défi mondial, par Mireille Fanon Mendès-France, experte-chair du Groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine (ONU), présidente de la Fondation Frantz Fanon
La lutte contre le racisme anti-Arabe, anti-maghrébin et l’islamophobie : un impératif égalitaire, par Alice Picard, doctorante en science politique, membre du Conseil d’administration d’Attac France
Altermondialisme et laïcité, des recours face à l’islamisme radical et aux populismes, par Christian Delarue, secrétaire général du CADTM France, ex membre du bureau exécutif du MRAP, membre du Conseil d’Orientation de la Fondation Copernic
Boucs émissaires commodes, les Roms ont des droits. Leur mise en oeuvre est la seule voie d’avenir, par Évelyne Perrin, économiste, présidente de l’association Sang pour Sans, membre du Conseil scientifique d’ Attac France
Antisémitisme, antisionisme et défense des droits des Palestiniens, par Gilles Manceron, membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et du collectif « Trop, c’ est trop ! »
Le féminisme face au défi du racisme et du sexisme, par Monique Crinon, membre du Collectif des féministes pour l’Égalité et du CEDETIM
Jeunes des quartiers populaires en quête d’avenir, par Évelyne Perrin, économiste, présidente de l’association Sang pour Sans, membre du Conseil scientifique d’ATTAC France

Troisième partie : L’antiracisme en débat
Le racisme aujourd’hui et ses différentes formes, par Augustin Grosdoy, co-président du MRAP et membre du Conseil d’administration d’Attac France
Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation, par Farid Bennaï, membre du réseau Reprenons l’Initiative et du Front uni de l’immigration et des quartiers populaires / FUIQP
La nécessaire politisation de l’antiracisme, par Saïd Bouamama, sociologue, porte-parole du Front uni de l’immigration et des quartiers populaires / FUIQP
Pour le cosmopolitisme insurgé, un antiracisme et un anticolonialisme du XXIe siècle, par Patrick Farbiaz, porte-parole du réseau Sortir du colonialisme

Quatrième partie : Programme antiraciste et en faveur d’une démocratie inclusive
L’École doit contribuer à apaiser les conflits inter-communautaires et favoriser le dialogue des cultures, par Martine Boudet, anthropologue, membre du Conseil scientifique et du Conseil d’administration d’Attac France
Éléments de programme d’une démocratie inclusive, chapitre inter-associatif
Promotion de la paix et de la démocratie dans le monde, par Adda Bekkouche, juriste en droit international, membre du Conseil scientifique d’Attac France

Conclusion
L’antiracisme vecteur essentiel de l’émancipation, par Gustave Massiah, membre du Conseil scientifique d’Attac France- Représentant du CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement) au Conseil international du Forum Social Mondial (FSM)

Féminismes pluriels comme antidote au sexisme et au racisme
organisée par le CFPE au CICP dans le cadre des quarante ans de ce dernier. Après la présentation de nos buts, vous trouverez les trois interventions liminaires et un résumé des débats.
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Le collectif des féministes pour l’égalité (CFPE) a choisi d’organiser cette rencontre dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale marquée par les 40 ans d’existence du Cicp où elle se déroule.

Nous souhaitions par ce choix marquer notre gratitude vis-à-vis de cette structure qui nous a toujours accueillies y compris lorsque nous étions refusées ailleurs et aussi et surtout marquer notre ancrage dans un mouvement international de solidarité.

Le CFPE s’est construit à l’écart des courants féministes institutionnels qui lui reprochaient son alliance avec des musulmanes et en marge des courants féministes racisés qui le jugent trop tiède sur les questions d’oppressions raciales. Cette position singulière dans le panorama féministe nous a amenées à nous intéresser au plus prêt à la question du pluralisme des chemins d’émancipation et à construire, à essayer en tous cas, des passerelles entre groupes féministes tout en restant vigilantes et critiques face aux positions dominantes au sein du féminisme.

La rencontre d’aujourd’hui vise à réfléchir aux dimensions plurielles du féminisme, des féminismes devrions nous dire, elle s’inscrit dans le droit fil de la charte fondatrice de notre collectif et dans la foulée du colloque organisé en 2012 sur le thème « regards croisés de femmes en lutte », or du croisement des approches à l’intersectionnalité il n’y a qu’un pas.

Nous souhaitons que la rencontre d’aujourd’hui offre l’occasion de déplier ce qui nous relit et ce qui nous distingue entre courants féministes différents voire opposés, l’enjeu n’étant pas de construire des consensus faciles mais un dialogue exigeant.

Trois intervenantes s’exprimeront : Marie Laure Bousquet membre du CFPE rappellera le sens de notre démarche et de nos réflexions autour du pluralisme; Nadine Plateau relatera l’expérience belge Tayush à laquelle elle participe dont l’enjeu est de construire une articulation entre antiracisme et anti sexisme, développant ainsi une intersectionnalité active ; enfin Fatima Ouassak, fondatrice du réseau classe/race et genre donnera à voir les fondements d’une réflexion intersectionnelle.

Peut-être retiendrons-nous pour caractériser le sens de notre démarche la magnifique formule de Nadine Plateau « il faut construire des divergences solidaires », tant il est vrai que dans la période actuelle il est nécessaire de pouvoir faire front face aux offensives racistes et sexistes tout en affirmant nos spécificités.

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communiqué du C.F.P.E.                           
 
Nous Collectif des Féministes Pour l’Égalité,
Nous sommes en deuil.
Les morts du 13 novembre sont nos morts. Les mots sont toujours faibles pour exprimer l’horreur.
Ceux qui ont commis ces attentats l’ont fait pour qu’il y ait le maximum de victimes, quelles qu’elles soient. Parce qu’elles incarnaient leur cible, la France. Rien ne légitime à nos yeux cette inhumanité. Elle nous indigne en s’exerçant au nom de l’islam, au risque majeur de renforcer l’islamophobie et des mesures liberticides désastreuses pour l’ensemble des citoyen.nes de France, musulman.es ou pas.
Nous sommes  contre les violences de toute nature commises en France ;  contre les violences qui font quelques 150 morts par jour en Syrie depuis 4 ans et demi – produisant des centaines de milliers de réfugiés. 
Nous sommes en deuil de toutes les victimes des guerres – de la France à la Syrie,

en passant par le Liban, la Palestine, l’Afghanistan, la Libye, l’Irak le Yémen …

Nous ne sommes pas  en guerre. « Nous sommes solidaires »

 

Insurrections

Pour le 25/03/2015,

Tunis,

Insurrections

Si je devais donner un titre à notre atelier, je choisirais « insurrections ». Et si je devais lui trouver une image, ce serait celle que Rokhaya Diallo rappelle dans une nouvelle revue « Portrait » sur laquelle je suis tombée juste avant de venir à ce forum, où elle cite Angela Davis qui dit : « les murs renversés deviennent des ponts ». Je vais donc tracer quelques grandes lignes de mon expérience du sujet « Féminismes, religions, émancipation » sur le pont des deux rives où je chemine entre féminisme et islam.

En mai dernier (2014) avait lieu en l’église St Méry à Paris une rencontre organisée par « Le comité de la jupe », collectif de femmes catholiques, sur le thème : « Comment lutter contre le machisme dans les religions ? ». Trois voix de femmes, l’une juive, l’autre chrétienne et la troisième musulmane, devaient présenter en un quart d’heure, un exemple de lutte concrète menée au sein de leurs religions respectives pour faire reculer le machisme en question. Réunion passionnante qui m’a, personnellement, ramenée par la pensée aux années 90 où j’entends parler de rencontres qui ont lieu à Bendorf, en Allemagne, une fois par an et durant une semaine, dont l’objectif est de bâtir une Europe dans ses diversités culturelles et spirituelles. Cette conférence entre femmes juives et chrétiennes, musulmanes et « alternatives » existe depuis la fin des années 70 : une semaine, un thème, une organisation de moments intra et interreligieux. Une fin de semaine avec la prière de vendredi, le shabbat et le culte protestant ou catholique où toutes celles qui le désirent dont conviées. Des huit années où j’ai pu y aller, entre les années 90 et 2000, j’évoquerai ici trois aspects marquants pour moi, en lien avec noter atelier.

  • Sur « les monothéismes ».
  • Sur l’interprétation des textes (text-studies).
  • Sur la mosquée des femmes

[Suite …] Texte ML_Bousquet FSM_Tunis2015

FSM-TUNIS 2015 FSM-TUNIS 2015

 

Intervention de Hanane Karimi, en tant que porte parole de « Femmes dans la mosquée », lors de l ‘atelier « Femmes, Religion et Emancipation »

Femmes, Religion et Emancipation

Le CFPE me demande d’intervenir en tant que porte-parole des « Femmes dans la mosquée ». On pourrait trouver que la question de la place des femmes dans une mosquée est une question anecdotique, que des problèmes bien plus préoccupants touchent les femmes musulmanes. Et pourtant, cette revendication qui semble, aux premiers abords, être une revendication de confort, est en fait une contestation symbolique et exemplaire (dans le sens où elle expose un autre possible) venant exprimer un malaise profond dans la communauté religieuse musulmane. Qu’une mosquée d’obédience salafiste sépare les hommes des femmes est un choix qui ne nous aurait pas choqué, mais lorsque cela touche une mosquée emblématique dans le paysage de l’islam de France telle que la Grande Mosquée de Paris, est insoutenable. Insoutenable à plusieurs niveaux. D’abord parce que cela est la marque d’une régression pour cette mosquée qui n’offrait déjà pas une place courtoise aux femmes qui étaient parquées derrière un rideau faisant office de barrière visuelle et symbolique entre l’espace esthétique et relationnel des hommes et l’espace, réduit et fermé, qui était offert aux femmes. Deuxièmement, parce que cette décision s’inscrit en porte à faux des prêches humanistes et médiatiques de son recteur Dalil Boubakeur et troisièmement parce que pour un lieu touristique comme celui-ci, offrir à la vue des touristes une affiche indiquant « salle de prières des femmes  (sous-sol) »  est tout simplement scandaleux !
Dans ma présentation, je vais vous rappeler les éléments principaux dans l’affaire les « Femmes dans la mosquée », la deuxième partie de mon intervention portera sur les enjeux de l’invisibilisation des femmes dans les mosquées et enfin je finirai par la présentation d’initiatives à l’international qui sont sœurs « des Femmes dans la mosquée ».

I° Naissance des Femmes dans la mosquée
Au début, nous pensions que cette ségrégation était due au fait d’avoir bricolé les mosquées historiquement et financièrement en France. Ce qui aurait été vrai, si nous n’avions pas constaté la même problématique soulevée dans d’autres pays qui s’exprime comme une ségrégation violente et insultante à l’égard des femmes. Alors, quand la grande mosquée de Paris a décidé, à partir de la décision d’un imam,  de reléguer les femmes dans une salle au sous-sol, c’est un sentiment d’injustice qui nous a saisies, nous, femmes musulmanes, quant au double sort que nous subissons dans une société française postcoloniale qui stigmatise notre pratique religieuse à travers le voile qui serait contraire au principe de la laïcité française et dans une communauté d’appartenance religieuse qui a glissé vers une pratique patriarcale injuste. Est-ce normal que ce soit à la mosquée que certaines femmes musulmanes se sentent le moins respectées ?

II° La femme essentialisée :
Le prêche qui a fait suite à notre action du 21 décembre 2013[1] donne un aperçu du pouvoir des discours sur les croyants. Mais il nous donne surtout une fenêtre sur la conception du statut des femmes dans le champ islamique pratiqué par l’imam de la mosquée de Paris. Ce prêche fût d’une véhémence et d’une violence à l’égard des femmes qui exprimait la colère d’avoir été dérangé dans l’ordre que les hommes avaient décidé. La femme fût donc rapportée à son manquement et à la Fitna : la turpitude, le désordre. La femme fût donc décrite comme une menace pour les croyants et pour l’ordre phallocrate. D’abord une menace sexuelle, une tentation, et ce de la bouche de musulmans qui habitent une société où ils sont sollicités en permanence dans les médias qui leur vend un parfum de grande marque, entre le journal télévisé et le film du soir, à coup de beautés fatales qui offrent leurs corps dénudés, oniriques, irréels à leurs yeux…à leur portée.  La logique de cette condamnation est que ce sont les femmes qui doivent payer la faiblesse des hommes face à la tentation, potentiellement excitables et c’est selon cette logique, pour le  confort de la gent masculine, que les femmes sont officiellement « gentiment invitées », comprenez par là « forcées » à s’exclure des mosquées, des lieux de culte devenus exclusivement masculins  mais aussi de se conformer à l’ordre masculin, et non plus à celui de Dieu. Nous, femmes, sommes prestement invitées à rester dans la sphère domestique et à ne pas outrepasser les limites qu’on nous assigne au risque d’être traitées de « faiseuses de troubles ou pire de féministes ! ».
Quels sont les enjeux d’une telle ségrégation ? Avant de voir les enjeux, j’aimerais  revenir sur les arguments, les meilleurs comme les pires, qui nous sont opposés lorsque quelqu’une ose demander le pourquoi de cette ségrégation.

Les arguments :
1)     Le premier est l’argument officieux, celui du bruit :
Les femmes sont bruyantes. Toutes les femmes sont bruyantes : c’est biologique, elles ne savent pas se tenir, elles sont indisciplinées ! « Même l’imam doit intervenir pour leur demander de la boucler ». Rien n’y fait « elles déconcentrent les fidèles en prière », entendez par-là : les hommes. Ce qui me fait penser à un article[2] paru dans La Croix sur les pleurs d’enfants pendant la messe qui devenaient un enjeu pour  l’unité de la communauté.

2)     Second argument, l’argument officiel : le manque de place :
Nous sommes allées vérifier et nous nous sommes rendu compte de l’hypocrisie de cet argument. Nous avons entendu le chargé de communication, Slimane Naddour, dire que cela entrait dans le cadre d’un réaménagement de la mosquée face à l’affluence croissante des femmes. Mais alors, nous sommes en mesure de nous poser la question :
Qui décide des mesures à prendre pour l’aménagement des lieux?
Qui décide pour le lieu de prière dédié aux femmes ?
Qui décide de quel espace est alloué et organisé pour les femmes ?

Pour avoir une réponse il suffit de jeter un œil sur la composition de la majorité des comités de direction des mosquées.
Voici quelques répliques auxquelles nous avons eu droit :
«- Nous avons l’écran plasma dernier cri !
– Ce n’est pas un débarras, c’est la salle de prière des femmes !
– Et après ça vous demanderez l’imamat des femmes !
– Les femmes sont chanceuses, elles peuvent prier chez elles !

Ce qui est en contradiction avec la parole prophétique qui dit « N’interdisez pas à vos femmes de se rendre dans les mosquées » et la seconde partie « mais leurs maisons sont meilleures »,  n’est pas authentifiée  car cette parole n’a été rapportée que par un seul narrateur. Mais c’est cet argument illégitime au niveau scientifique qui justifie auprès des croyants lambda l’exclusion des femmes et leurs assignations à la sphère domestique.

– Ce sont les femmes qui ont demandé la séparation !

Et le coup fatal :
– Prier à la mosquée n’est pas une obligation pour les femmes.

Je citerai ici Hakima Mounir qui a écrit le livre Ici et là-bas[3] et qui dit « L’intrusion des femmes dans cet espace masculin -l’espace public- perturbe l’imaginaire d’une société construite sur l’assignation des femmes à l’espace intérieur. La transgression de ces frontières est vécue par les hommes comme un danger remettant en question leur pouvoir sur l’espace extérieur et l’ordre social. »

Et donc on trouve des panneaux, « les femmes ne sont pas autorisées dans cette mosquée » ou « la salle des femmes est au sous-sol »

Il y a aussi cet argument très spirituel : « On ne vient pas à la mosquée pour admirer son architecture, on y vient pour prier ». Soit, alors pourquoi l’architecture prend une place esthétique et finançière si importante dans la construction des mosquées ?

*Les enjeux :
L’enjeu principal est la transformation des mentalités d’hommes et de femmes qui ont évolué dans une communauté sexiste et phallocrate. Alors que la base était le contraire, c’est-à-dire que la société jahilite s’est transformée d’une société injuste et inégale, sexiste et raciste en une société des possibles et de l’empowerment, de solidarité et de changement. Alors pour prendre conscience du chemin qu’il reste à faire, il est nécessaire de conscientiser les enjeux d’une telle invisibilisation des femmes, parce qu’accepter une telle ségrégation et un tel traitement encourage le « disempowerment » des femmes. :

* Pas de visibilité, pas de voix !
* Pas de visibilité, pas de défense ou de contestation du discours quel qu’il soit !
* Pas de visibilité, le meilleur moyen d’affirmer qu’il n’y a pas de demandes émanant des femmes.
* Pas de visibilité comme moyen de faire incorporer le corps des femmes comme danger. Pas besoin de longs discours, le symbolisme fait son chemin !

Et cette invisibilisation dans les lieux de culte n’est que le renversement de l’ordre établi par le prophète de l’islam qui avait nommé comme autorité religieuse, son épouse, encore jeune, mais érudite et ayant une très bonne mémoire. L’invisibilisation des croyantes dans les mosquées est donc l’aboutissement d’un processus qui a évincé graduellement les femmes des rôles décisifs, des rôles d’autorités, des cercles de savoirs, le savoir étant une légitimation du pouvoir, les femmes sont donc devenues illégitimes, ignorantes, minorisées et impuissantes au nom du sacré !
Et comme l’ignorance est le meilleur moyen de faire passer de fausses croyances, on a ainsi une diffusion incontrôlée de fausses croyances, non vérifiables (parce que ne maîtrisant pas suffisamment le côté scientifique). La séparation physique (rideau, paravent, salle séparée, balcon) imposée aux femmes musulmanes n’est qu’une partie des barrières institutionnelles qui les empêchent de participer activement aux affaires de la communauté, comme la majorité des mosquées sont dirigées par des hommes.

 

III° « Now it’s time » :
J’ai envie de faire part d’initiatives locales qui se multiplient dans des sociétés dites occidentales, aussi bien en Australie, en Angleterre, aux Etats-Unis ou en France. Une canadienne, répondant au nom de Shelina Merani, fraîchement convertie à l’islam, est l’une de ces femmes qui a vécu la désillusion de la Oumma comme unité de foi. Et elle fait un onewoman sho w[4] dans lequel elle parle de cet endroit et elle dit ceci : « Normalement lorsqu’on se rend dans un lieu de culte, on est censée se sentir comme Jésus « walking on water », transcendée, dans un état spirituel, moi quand je vais à la mosquée in the basement, (au sous-sol), ce que j’aimerais trouver, c’est un avocat, un défenseur des droits de l’homme et une rangée derrière les hommes. »

Un autre témoignage que j’ai trouvé sur le blog de Hind Makki « Side entrance »[5] qui répertorie par photos les lieux de prière des femmes dans les mosquées. Hawan Moghul dit ceci « Les mosquées sont emblématiques d’une société, elles sont le reflet de la société. Alors ce à quoi ressemble la zone des femmes dans les mosquées est important mais surtout (il faut se demander préalablement)  y a-t-il une place pour les femmes dans ces mosquées ? Où se situe-t-elle ? (au passage des toilettes ?) Est-ce que le reste de la mosquée est conforme à cette zone dédiée aux femmes ? La manière dont les musulmans (hommes) considèrent la maison de Dieu en dit long sur ce qu’ils pensent de Dieu,  et d’eux-mêmes. »

Lorsque le groupe « Les femmes dans la mosquée » fût lancé et comme je fus celle qui entretenait le groupe facebook, j’ai fait des recherches, et j’ai trouvé de ci,  de là, des informations sur d’autres initiatives qui contestaient la ségrégation sexuelle pratiquée dans les mosquées. Et la question est présente dans la majorité des mosquées. C’est-à-dire que je contextualisais le problème, mais je me suis très vite rendue compte que les mosquées en majorité implantées en occident reproduisaient cette ségrégation. Et il est important d’utiliser les bons mots même si ceux-ci choquent, ils sont justes, nous avons à faire à une ségrégation sexiste systématique au service d’un pouvoir machiste.

Le Majordome sortait au même moment que notre action et le symbole de la ségrégation y était fort. Ce film m’a rappelé comme les changements historiques, sociaux et communautaires sont d’abord l’œuvre d’insoumis à un ordre injuste. Alors à l’heure où tout musulman a une fitra…il serait opportun de faire l’effort de la reconsidérer, de la rendre audible dans nos vies propres parce que cette fitra nous titille quand quelque chose nous paraît injuste et qu’elle est une des voix du changement. Dieu enjoint aux croyants de faire le bien et d’interdire le mal ; lorsqu’il ne peut le faire avec sa main, il le fait avec sa langue, lorsqu’il ne peut le réprouver avec sa bouche, il le fait avec son cœur. Et en tant que musulmanes fermement attachées au message émancipateur de l’islam, nous avons réprouvé le mal avec nos membres, nos bouches et nos cœurs.

 Conclusion :
J’ai envie de terminer cette présentation en rappelant que ceux qui ont semé cette graine de féminisme ou de position critique vis-à-vis d’un ordre immuable et établi sont en premier lieu les imams. Ces hommes qui ne cessent de rappeler que les femmes à l’époque du prophète étaient des femmes libres, qu’elles étaient des femmes actives, qu’elles étaient des femmes critiques, elles étaient des femmes responsables et fiables, qu’elles étaient des femmes justes, qu’elles étaient des actrices du changement de la justice sociale. C’est eux qui paradoxalement ont semé cette inaptitude à nous soumettre à quiconque si ce n’est à dieu.

Un grand écrivain français disait :
« Il vient une heure où protester ne suffit plus, après la philosophie, il faut l’action. La vive force achève ce que l’idée a ébauché.» Victor Hugo

 

Hanane KARIMI

[1] http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/grande-mosquee-de-paris-les-femmes-au-bas-etage-09-01-2014-3631_118.php
[2] http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Pleurs-d-enfants-un-casse-tete-pour-les-paroisses-2014-01-05-1084791
[3] Hakima MOUNIR, Entre ici et là-bas. Le pouvoir des femmes dans les familles maghrébines, PU Rennes, coll. « Essais », 2013 ;
[4] http://www.youtube.com/watch?v=sLxHu0zah_Q
[5] http://sideentrance.tumblr.com/

 

‘’2004-2014, le CFPE lutte toujours’’

Pour clôturer son cycle d’activités 2014,
le Collectif Féministes Pour l’Egalité vous invite à une rencontre publique
le samedi 18 octobre 2014 de 9h30 à 17h
à la Maison Fraternelle, 37, rue Tournefort – 75005 Paris. M° Monge.
Programme :  
Matinée :

1)  Interventions introductives des présidentes successives du CFPE sur le sens de leur
engagement.
2)   Présentation par une chercheuse de l’université Nice Sophia Antipolis de l’état de la
recherche qu’elle entreprend pour le CFPE sur les retombées de la loi de mars 2004.
3) Témoignages « La loi du 15 mars 2004, un bilan humain et social alarmant », par des
lycéennes, chefs d’établissement, CPE, enseignant-e-s, femmes de quartiers populaires…

Pause de 12h30 à 14h

Après-midi :  

1)    Regards comparatifs sur les stigmatisations/exclusions : France, Belgique, Québec.
2)    Intermède artistique : performance « Femme voilée dans la boîte » de la plasticienne
artiviste  Sonia Merazga.
3)  Débat : « Bilan des engagements et des actions, perspectives renouvelées d’actions et
pistes de mises en réseau ».

Clôture à 17h

P.A.F. souhaitée : de 2 à 5 euros

www.cfpe2004.fr/                                                                   Cfpe2004@yahoo.fr

Sur Najat Vallaud-Belkacem

Communiqué

Les propos tenus par certains courants politiques de droite et d’extrême droite à
l’encontre de Najat Vallaud-Belkacem, actuelle ministre de l’éducation nationale,
sont pour nous inqualifiables et insoutenables.
Certes, lorsqu’elle était ministre des droits des femmes, NVB n’avait donné
aucune suite à notre demande à être reçues par elle, alors que nous voulions
attirer son attention sur les agressions contre des femmes musulmanes voilées
dans la rue. Malgré les désaccords politiques que nous avons avec elle sur ces
questions, nous tenons à exprimer publiquement, en tant que Collectif des
féministes pour l’égalité (CFPE), notre indignation (non sélective) face aux
insultes à la fois sexistes et racistes dont elle est la cible, et notre solidarité avec
toutes celles et ceux qui luttent pour les droits à la justice et à l’égalité pour
toutes les femmes.

Paris, le 16 septembre 2014

Campagne de solidarité avec Khalida Jarrar

Nous, organisations et individus signataires, demandons l’annulation immédiate de l’ordre d’expulsion à l’encontre de Khalida Jarrar, membre du Conseil législatif palestinien, activiste pour les droits des prisonniers et dirigeante politique.

Le 20 août, à une heure et demie du matin, cinquante soldats israéliens d’occupation ont envahi la maison de Mme Khalida Jarrar et lui ont remis un « ordre de surveillance spéciale », écrit en hébreu et lu tout haut en arabe. Signé par un tribunal militaire israélien sur la base de preuves non spécifiées et secrètes, le document ordonnait que Mme Jarrar soit expulsée de sa maison de Ramallah, déplacée de force et confinée à Jéricho pour une période initiale de six mois ; l’ordre prenait effet dans les vingt-quatre heures.
Cet ordre constitue une injustice flagrante qui s’inscrit dans la continuité de la politique d’occupation israélienne visant à réduire au silence les dirigeants politiques palestiniens, à enfermer et à chasser les Palestiniens de chez eux. Expulsion de plus de 750 000 Palestiniens – dont des membres de la famille de Khalida Jarrar – de leur patrie en 1948 et déni de leur droit au retour depuis soixante-six ans ; tentative de déportation des maires palestiniens hors de la Palestine ; confiscation de la carte d’identité de Jérusalem des membres élus du Conseil législatif palestinien Mohammad Abu Tir, Ahmad Atoun, Mohammed Totah et Khaled Abu Arafah ; et maintenant cet ordre d’expulsion, la liste est longue des tentatives israéliennes pour menacer la vie palestinienne par les déplacements et les expulsions.
Khalida Jarrar a refusé de signer l’ordre d’expulsion. « Vous, les occupants, êtes en train de tuer notre peuple. Vous pratiquez les arrestations massives, vous détruisez les maisons, vous enlevez les gens pour les déporter. C’est vous qui devez partir », a-t-elle dit. Elle s’est s’installée dans une « tente de protestation » devant le bâtiment du conseil législatif à Ramallah. Elle a annoncé qu’elle y resterait et poursuivrait son travail jusqu’à la révocation de la décision d’expulsion.
Mme Jarrar est une dirigeantedu Front populaire pour la libération de la Palestine, un parti palestinien de gauche ;dirigeante et militante, elle organise régulièrement des manifestations et des actions populaires pour la liberté des Palestiniens. Depuis longtemps avocate des prisonniers politiques palestiniens, elle a été administratrice exécutive de l’Association Addameer de soutien aux prisonniers et pour les droits humains et est membre de son conseil d’administration. Elle est présidente du Comité pour les prisonniers du Conseil législatif palestinien.
Elle a été également active dans le mouvement des femmes palestiniennes dèsson entrée à l’université, où elle a rejoint les étudiantes qui luttaient contre l’occupation. Voix féministeéminentepour la défense etl’essor des droits des femmes, elle organise les initiatives de la Journée internationale des femmes en Palestine et maintient une coordination étroite avec l’organisation des femmes palestiniennes, soulignant que : « Les femmes palestiniennes sont des partenaires à part entière dans le combat palestinien. »
Depuis 1998, elle n’a plus le droit de quitter la Palestine occupée : quand elle a eu besoin d’un traitement médical en 2010, elle a dû mener campagne pendant des mois avant de recevoir son traitement.
Le déplacement forcé de Khalida Jarrarconstitue une violation de la loi internationale et de la quatrième Convention de Genève. Celle-ci interdit l’« assignation à résidence » excepté en cas d’« absolue nécessité » et interdit les déplacements forcés, collectifs ou individuels, de personnes protégées à l’intérieur d’un territoire occupé. Or l’ordre d’expulsion forcée de Mme Jarrar ne comporte que de vagues références à des « renseignements » et à la « protection de la sécurité de la région ».
Que Khalida Jarrar soitvisée par une mesure d’expulsion montreclairement que l’objectif est de réprimer l’organisation politique des Palestiniens – elle a été une figure éminente des manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza qui se sont déroulées en Cisjordanie pour dénoncer l’occupation militaire et le massacre de plus de deux mille Palestiniens.
L’invasion de la maison de Mme Jarrar et la remised’un « ordre de surveillance spéciale » enjoignant son expulsion ont eu lieu dans le périmètre de ce qu’on appelle la « Zone A », prétendument sous le seul  contrôle de l’Autorité palestinienne en vertu des accords d’Oslo. Malgré cela, les forces d’occupation israéliennes ont été autorisées à entrer dans Ramallah et à envahir la maison de Mme Jarrar ; comme le remarque Addameer, « la prétendue “coordination de sécurité” entre les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne et les forces d’occupation israéliennes a permis l’expulsion d’une représentante élue du peuple palestinien, une représentante qui n’a cessé d’appeler à la fin de cette “coordination” ».
Khalida Jarrar a été visée par un ordre d’expulsion parce que c’est une femme palestinienne, une parlementaire palestinienne et une dirigeante palestinienne. Aujourd’hui, nous défendons la justice, nous défendons la Palestine, et nous sommes aux côtés de Khalida pour exiger l’annulation immédiate de l’« ordre de surveillance spéciale » imposant son expulsion.

Pour signer cliquer sur le lien suivant : http://samidoun.ca/2014/08/sign-on-endorse-the-khalida-jarrar-solidarity-statement/

Texte traduit par Katyusha Desjardins

 

 

Appel du 18 juin 2014 : Oui à la laïcité, non aux discriminations

Nous Femmes voilées interdites de sorties scolaires, mais aussi parents d’élèves, femmes, syndicalistes, politiques, militant-e-s associatifs, femmes et hommes politiques, intellectuel-le-s, citoyen-ne-s,  lançons un appel pour le respect de la laïcité et la fin des traitements discriminatoires

A l’heure où la France fait la Une des journaux du monde entier, où la patrie des droits humains est devenue la patrie du rejet des étrangers, des « autres », de toutes celles et de tous ceux qui ne correspondent pas à la norme dominante (blanc, homme, chrétien, riche…), nous lançons cet appel pour tenter un sursaut et faire émerger de l’intelligence, du désir d’être ensemble quelles que soient nos différences.

Parce que nous portons un foulard nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux…

Nous ne pouvons pas trouver les arguments cohérents pour expliquer cela à nos enfants, sans parler des doutes et interrogations qu’ils vivent chaque jour face à l’exclusion de leur mère.  Que penser à leur âge de la maltraitance subie par leur maman de la part de l’institution scolaire ?

Malgré la multiplication des agressions, des discriminations et des humiliations… que nous subissons chaque jour devant nos enfants, nos voisins, les parents d’élèves, les enseignants, nous poursuivons nos mobilisations et nos actions, pour que la laïcité, qui articule la neutralité des institutions et les libertés individuelles des citoyens, soit enfin respectée et appliquée.

Notre résistance face à toutes ces intimidations s’amplifie chaque jour afin de poursuivre notre but : Citoyennes de ce monde, nous revendiquons l’égalité pour toutes. Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires.

Rien ne nous fera reculer, nous sommes déterminées à être présentes, engagées à part entière dans cette société, à l’école comme dans nos quartiers, au travail comme dans nos familles. Partout où nos droits sont bafoués.

Nous, signataires de cet appel, demandons l’abrogation de la circulaire Chatel, cette circulaire sexiste et islamophobe, ainsi que toutes les lois et circulaires discriminatoires qui l’ont précédée.

Islamophobie, Discriminations, Sexisme, Injustice, Inégalités, Stigmatisation : Ça suffit.

Nous invitons les femmes, les parents d’élèves, la société civile, les journalistes, les intellectuels, les enseignants, les politiques, les mouvements féministes et les associations à nous rejoindre et à soutenir ce combat : celui de la laïcité, celui de l’égalité, à mettre fin à ces peurs sans cesse agitées favorisant la montée de l’extrémisme qui contribue à monter les populations les unes contre les autres.

 

Nous appelons à un rassemblement

le mercredi 18 juin à 14h

 devant le ministère de l’éducation nationale

afin d’exiger l’abrogation de la circulaire Chatel

à l’initiative des collectifs  « Mamans Toutes Egales », « Sorties Scolaires : avec Nous ! » et « Toi plus moi plus ma maman »

 

Premiers signataires :

Clémentine Autain Ensemble-FDG, Jean Baubérot Sociologue, Saïd Bouamama Sociologue, Hervé Bramy PCF, Patrick Braouezek Ensemble-FDG, Christine Delphy Sociologue, Fabrice Dhume Sociologue, Rokhaya Diallo Journaliste, Didier Fassin Anthropologue, Anissa Fathi MTE, Françoise Lorcerie Politologue, Noël Mamère EELV, Christine Poupin NPA, Raphaël Liogier Universitaire, Souiri Khadija Sorties Scolaires Avec Nous

Associations:

ARDLFM, CFPE, Collectif Les mots sont importants, Commission féministe du NPA, CRI, PIR, UJFP, 8 mars pour toutes