Différents et ensemble : comment faire société ? – 15 et 16 mai 2013

 Colloque Islam&Laïcité
15 et 16 mai 2013
 
Salle Jean Dame,   
17 rue Léopold Bellan 75002 Paris  
M° Sentier – ligne 3
 
Différents et ensemble : comment faire société ?

Islam, islamisme, immigration, intégration, banlieue : depuis des décennies, ces notions sont amalgamées les unes aux autres. En parallèle on assiste dans l’espace public à une essentialisation des grilles d’analyse.
On a d’abord parlé d’ethnicisation, aujourd’hui, le référent religieux est de plus en plus mobilisé pour expliquer les problèmes sociaux. Ainsi, «musulmans » devient un mot valise : lors de la campagne présidentielle de 2012, le président Sarkozy avait évoqué les «musulmans d’apparence », mêlant dans une même expression race, ethnicité et religion. Ce flou des concepts résulte d’un mouvement convergent du haut vers le bas, parole performative du politique et des médias) mais aussi des acteurs, du bas vers le haut, faisant que certaines populations ne sont identifiées que par certaines de leurs appartenances. Comment protéger le vivre ensemble, en particulier dans les quartiers populaires lorsque les analyses sont ainsi faussées ? Le modèle d’intégration est-il si défaillant dans les quartiers populaires ? Les difficultés des « musulmans » sont-elles dues à leurs appartenances religieuses ou culturelles ou davantage à leurs appartenances sociales ?

Programme :
Mercredi 15 mai : 14h-19h
14H : Accueil
14H30 : Mot d’ouverture de la présidente
d’Islam&Laïcité, Sonia Dayan-Herzbrun
14H45 – 16H15 : présidence Jean Baubérot
°  1ère intervention : Emancipation, sécularisation,
laïcité : Joël Roman
°  2ème intervention : Classes populaires,
immigration, communautarisme : Leyla Arslan
16H15 – 16H45 : Pause
16H45 – 18H45 :
° Table-ronde : Comment surmonter les préjugés et
déconstruire les représentations ? Joëlle Bordet,
Marwan Mohammed.  Modération : Ismahane
Chouder
° Intervention : Ecole, comment combattre les
discriminations ? « Faire société dans un collège
ethnicisé des quartiers nord de Marseille ».
Jean-François Bruneaud.  Modération : Gilles
Manceron
18H45 : mot de clôture de l’après-midi
Jeudi 16 mai : 19h-22h
19H – 20H30 : Modération : Louiza Belhamici
° 1ère intervention : « Réinscrire les habitants des
quartiers populaires dans l’espace commun ».
Michel Kokoreff
°  2ème intervention : « Emancipation : impasses et
alternatives ? ». Nacira Guénif-Souilamas
20H30 – 21H50 :
°  Table-ronde : Le rôle et les possibilités d’action
des politiques ? Alima Boumediène, Akli Mellouli,
Christophe Caresche, Yann Galut.  Modération :
Pierre Saly
21H50 : Mot de clôture du président d’honneur
d’Islam&Laïcité, Philippe Jessu

Entrée libre. Inscription préalable à secretariat@islamlaicite.org

Manifestation «Mamans toutes égales» : samedi 18 mai 2013 à 14 h devant l’UNICEF

Pour la défense de la laïcité, de la liberté d’expression et de l’égalité de traitement ! Non à l’islamophobie ! Non à l’exclusion des mères, portant un foulard, de l’école !



LES FAITS

Le rapport 2012 de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) confirme l’inquiétante montée des sentiments et des actes antimusulmans en France. Les femmes en sont les principales victimes. Selon le rapport 2012 du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), elles subissent 94 % des agressions islamophobes recensées.

Dans le même temps, les discriminations déjà en place se maintiennent. Le collectif Mamans toutes égales (MTE) continue ainsi de recenser et de défendre les nombreuses mères portant un foulard exclues illégalement de l’accompagnement des sorties scolaires et de toutes les activités parascolaires sous les yeux de leurs enfants. Une stigmatisation générant humiliation et souffrance, pour les mères et les enfants.

Le cas de Sirine, exclue par le conseil de discipline de son collège pour port de bandeau et de jupe trop longue, est édifiant.

DERRIÈRE LE MOT « LAÏCITÉ », LE RACISME

Lorsque des ministres exigent l’application de la laïcité alors que la Cour de cassation a reconnu la discrimination religieuse dont avait fait l’objet une salariée de la crèche Baby Loup (licenciée parce qu’elle portait le foulard), c’est l’islamophobie qui parle.

La particularité de l’islamophobie est de ne pas être reconnue pour ce qu’elle est : du racisme. Des mesures, qui ne visent en réalité que les musulman-e-s, sont masquées derrière une prétendue défense de la laïcité.

LA LAÏCITÉ C’EST L’ÉGALITÉ

La laïcité n’est pas une atteinte aux libertés religieuses. Au contraire, elle en est la garantie. Elle n’est pas l’athéisme obligatoire ou l’obligation d’invisibilité religieuse dans les lieux publics.

La loi de 1905 est claire : elle garantit la liberté de conscience et donc de croyance et d’expression (religieuse ou non, en public et en privé), en séparant l’État de l’organisation et du financement des cultes.

Le principe de laïcité définit que la France n’a pas de religion d’État et que les services publics ne peuvent être rattachés à une quelconque autorité religieuse. Cela ne concerne pas les activités personnelles ou professionnelles de chacune et chacun !

VOUS AVEZ DIT « CHANGEMENT » ?

Aujourd’hui, après une interminable série d’attaques politiques et législatives, encourageant la multiplication des agressions islamophobes, François Hollande et son gouvernement ne changent rien. Au contraire, ils multiplient les annonces :

-  proposition de loi, enregistrée à l’Assemblée nationale le 16 janvier 2013, visant à étendre le principe de « neutralité religieuse » notamment aux assistantes maternelles, y compris à leur domicile, et aux structures d’accueil de la petite enfance,

-  mise en place d’un observatoire de la laïcité, composé de partisans d’une laïcité d’exclusion,

-  annonce d’une nouvelle loi d’exclusion, qu’ils appellent la « laïcité » au travail.

HALTE AUX DISCRIMINATIONS : ÉGALITÉ POUR TOUTES ET TOUS !

Concrètement, c’est le droit de participer à la vie publique, de travailler, de s’impliquer dans la scolarité de leurs enfants des femmes portant un foulard qui est bafoué. Ces mesures contribuent aussi à cautionner les agressions qu’elles vivent au quotidien et les excluent totalement de l’espace public.

De plus, alors que les discriminations sont déjà très nombreuses, il semble que l’exclusion des musulmanes et musulmans du monde du travail fasse partie de l’agenda gouvernemental : nous nous y opposerons !

C’est pourquoi nous exigeons :

-  l’abrogation de la circulaire Châtel en ce qu’elle recommande l’exclusion des mères portant un foulard de l’accompagnement des sorties scolaires ;

-  l’abandon des deux projets de lois d’exclusion annoncés.

Stop aux discours, aux actes, aux lois racistes et d’exclusion !

MOBILISONS-NOUS ! RDV – Samedi 18 mai 2013 14 heures Devant l’UNICEF, 1 rue Pierre Lescot, métro Châtelet-Les Halles

1ers signataires :
-  Salaam Sciences Po
-  Collectif féministe ROSA
-  ARDLFM (Association pour la Reconnaissance des Droits et Libertés à la Femme Musulmane)
-  CFPE (Collectif Féministes Pour l’Egalité)
-  PSM (Participation et Spiritualité Musulmanes)
-  PIR (Parti des Indigènes de la République)
-  MRAP Paris 19ème/20ème
-  CCIPPP (Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien)
-  Collectif 8 mars pour Toutes
-  Collectif Les mots sont importants
-  AFD France (Alliance for Freedom and Dignity)
-  AEP (Les amis de l’école publique)
-  MCQM (Mouvement citoyen des quartiers de Montreuil)
-  NPA (Nouveau parti anticapitaliste)
-  CRI (Coordination contre le racisme et l’islamophobie)
-  CEDETIM/IPAM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale)
-  UJFP (Union juive française pour la paix)
-  HM2F (Homosexuels musulmans de France)
-  CGT Sony DADC France
-  Les Tumultueuses
-  Alternative Libertaire
-  CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France)
-  MPF (Musulmans progressistes de France)
-  G.A.R.C.E.S (Groupe d’Action et de Réflexion Contre l’Environnement Sexiste)
-  CMF (Collectif des musulmans de France)
-  FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)
-  Parti EGALITE (Belgique)
-  ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France)
-  Les Alternatifs
-  Militants et sympathisants du Front de Gauche contre l’islamophobie
-  Commission Islam&Laïcité

 

«LE MALI EST A RENDRE AUX MALIENS»

LE NAUFRAGE ET L’OFFENSE

«LE MALI EST A RENDRE AUX MALIENS »

« Toute société impérialiste voit dans l’Autre la négation de l’idéal qu’elle s’efforce, elle-même, d’atteindre. Elle cherche à le domestiquer en l’attirant dans le champ d’application de son idéal et en l’y situant au degré le plus bas »[1] Wolfgang Sachs

1.     QUE SOMMES-NOUS DEVENUS AU MALI ?

« A qui allons-nous rendre les clés ? » est la question posée par Pierre Lellouche, député UMP et Président du groupe Sahel de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale française à propos du Mali. C’était le 22 avril 2013, lors du débat parlementaire qui a précédé le vote de la prolongation de l’opération Serval. Comme pour lui répondre, Hervé Morin, ancien ministre (UMP) de la Défense dit « Mais il n’y a personne à qui passer la main ». Comme une lettre à la poste, la prolongation demandée a été adoptée à l’unanimité. S’agissant de l’organisation de l’élection présidentielle en juillet 2013. La France officielle est non seulement unanime mais  intransigeante

Je serai « intraitable » a prévenu le Président François Hollande. Ce mot est dans toutes les têtes ici et nous a blessés. Le ministre de la Défense Jean Yves Le Drian estime à ce sujet qu’ « il faut dire les choses fortement » (RFI). Les Maliens qui ont accueilli le Président François Hollande en libérateur s’imaginaient que l’Opération Serval débarrasserait rapidement leur pays de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et ses affiliés d’Ansar Dine et du MUJAO et que la vie reviendrait comme avant. L’intervention militaire a incontestablement réduit la capacité de nuisance des djihadistes en en tuant quelques centaines et en détruisant d’énormes stocks d’armes et de carburant. Mais les villes de Gao et Tombouctou sont libérées sans l’être totalement puisque des groupes que le discours officiel qualifie de « résiduels » opèrent dans ces localités et y commettent des attentats. Fait plus préoccupant, Kidal est entre les mains du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) qui interdit à l’armée malienne d’y accéder. Lire la suite