Macron ou l’état d’exception permanent

4ème Journée internationale contre l’islamophobie
Dimanche 10 décembre 9 heures 30 – 19 heures
Bourse du travail de St-Denis

Destruction du Code du travail au pas de charge, baisse des APL, suppression des contrats aidés qui minent le fonctionnement d’institutions comme les écoles ou d’associations vitales dans les quartiers : depuis son élection le 8 mai 2017, la guerre sociale que mène Macron contre les classes populaires est sans merci. Comme l’est sa politique migratoire qui nie les droits fondamentaux des migrants, criminalise les actions de solidarité et renforce la xénophobie. Ce nouveau régime jupitérien n’est pas non plus une bonne nouvelle pour les citoyens de confession musulmane qui subissent racisme et islamophobie.

Certes, le renvoi à leurs pénates des Le Pen, Fillon et autre Valls est un soulagement. Si le FN réalise un score de 33,9%, il est en crise. Pour l’instant. Et d’autres se chargent de faire prospérer son fonds de commerce. Les réseaux racistes et islamophobes, qui œuvraient au cœur de l’État avec Valls, se reconstituent. Depuis la rentrée, ils œuvrent tous azimuts avec une violence redoublée : pressions sur l’université pour censurer les colloques sur ces questions, cyber-harcèlement contre des associations de féministes musulmanes comme Lallab, campagnes de dénigrement et de diffamation ciblées qui tournent à la chasse à l’homme ou à la femme contre ceux qui luttent contre le racisme et l’islamophobiePrintemps républicain, bande à Valls, Comité laïcité et République, UFAL, Causeur, Le Figaro, Marianne, Valeurs actuelles, fachosphère : les campagnes coordonnées de ces réseaux hétéroclites ont un objectif, intimider pour réduire au silence les voix qui s’élèvent contre le racisme anti-musulman.

Emmanuel Macron n’a certes pas instrumentalisé ces questions pendant la campagne. Mais au-delà de la « com’ », quelle est sa politique ?
– Au nom de la lutte contre le terrorisme, le 6 juillet, l’état d’urgence est reconduit. Pour la sixième fois depuis 22 mois. Inefficace contre le terrorisme, il a visé en priorité les citoyens de confession musulmane puis s’est étendu aux manifestations du mouvement social et à ses militants. Aucun pays européen confronté à des attentats n’a pris de telles dispositions attentatoires à l’État de droit. Entre fin 2015 et fin 2016, près de 4 200 perquisitions administratives ont eu lieu. Elles ont touché dans presque tous les cas des citoyens de confession musulmane ! Moins de 1% ont débouché sur des procédures judiciaires en lien avec le terrorisme.

– La loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme votée le 11 octobre par l’Assemblée nationale transpose dans le droit commun les principales dispositions de l’état d’urgence. Dénoncée par la totalité des organisations de la société civile concernée par ces questions, par la CNCDH, par des experts de l’ONU, cette loi remet en question l’État de droit :
les perquisitions renommées « visites domiciliaires », les assignations à résidence « mesures individuelles de contrôle et de surveillance » pourront être effectuées sur la base de simples soupçons ; et l’exécutif a refusé l’intervention d’un juge judiciaire ;
* les préfets pourront ainsi instaurer des périmètres de sécurité d’un lieu ou d’un événement qui serait soumis à un risque d’acte terroriste. Palpations, inspections des bagages, fouilles des véhicules, saisies pourront être effectuées sur ce périmètre. C’est de fait la légalisation des abus qui est inscrite dans ces dispositions, les fouilles au corps par exemple étant déjà pratiquées sur les jeunes dans les quartiers populaires ;
extension des contrôles d’identité massifs, jusqu’à 20 km autour des zones frontalières. Ils pourront être effectués pendant 12 heures d’affilée (6 heures jusqu’à présent), dans tous les points de passage de frontières, soit 29% du territoire et 67% de la population du pays. Quand on sait qu’un jeune Noir ou Arabe a vingt fois plus de risques d’être contrôlé qu’un autre (d’après le Défenseur des droits), cette disposition légalise de fait le contrôle au faciès. L’historien Patrick Weil dénonce « un ciblage massif de populations particulières qui a un seul précédent : le Code de l’indigénat instauré en Algérie en 1881 » ;
les lieux de culte pourront être fermés par le préfet si « les propos, […] les idées ou les théories qui sont diffusées ou les activités qui se déroulent, provoquent à la commission d’actes de terrorisme […] » Quelles idées ? Quelles théories ? Quelles activités ? Nul ne sait. Ce flou laisse à l’administration seule l’interprétation de cet article. Avec le risque de stigmatisation de tout signe de religiosité apparent vu comme un signe de supposée radicalisation.

Les pouvoirs exorbitants accordés à la police fragiliseront encore plus les populations des quartiers populaires qui subissent déjà la précarité économique, contrôles au faciès incessants, crimes policiers, discriminations religieuses, ségrégation territoriale. La politique de Macron renforce toutes les inégalités sociales et les discriminations raciales. Et donc les rancœurs. « Au lieu de créer du lien et de l’unité » dénonce Patrick Weil, « on crée de la division et un stigmate insensé. » Précisément ce que recherchent les organisations terroristes comme Daesh.

La gravité de la situation impose une riposte commune à cette politique dévastatrice. Le 10 décembre, venons massivement débattre et nous organiser !

1/ Organisations, associations, collectifs, syndicats, partis signataires : AFD International, Association Commission « Islam et Laïcité »,  ATMF, Bruxelles Panthères, CCIF, CEDETIM/IPAM, CMF, CFPE, Convergence Citoyenne Ivryenne (CCI), Femmes Plurielles, Fondation Frantz Fanon,  Identité plurielle, IJAN, NPA, Oumma.com, PIR, PSM, Sortir du colonialisme, UJFP

2/ Personnalités soutenant l’initiative : Verveine Angeli (militante syndicale),Elsa Bardeaux (Adjointe au maire Villeneuve saint Georges), Boualem Benkhelouf (Adjoint au maire d’Aubervilliers), Mohamed BEN YAKHLEF (conseiller municipal de Villeneuve Saint Georges), Alima Boumediène (Avocate), Monique Brioudes (militante associative), Fethi Chouder (Adjoint au maire d’Aubervilliers), Pierre Cours-Salies (Sociologue, Ensemble !), Christine Delphy (sociologue, féministe), Mireille Fanon Mendès-France (Fondation Frantz Fanon), François Gèze (éditeur), Alain Gresh (journaliste),  Michelle Guerci (journaliste), Georges Gumpel (UJFP), Malika Hamidi (Sociologue),Pierre Khalfa (économiste), Olivier Le Cour-Grandmaison (universitaire), Monique Lellouche (militante antiraciste), Didier Lestrade, Nathalie Levallois (militante antiraciste FI), M’Baïreh Lisette (PIR), Philippe Marlière (Politiste), Gus Massiah (économiste), Madjid Messaouden, Zakia Meziani (Identités Plurielles), Sylvie Nony (chercheuse, militante associative), Ali Rahni (CMF), Jocelyne Rajnchapel-Messai (UJFP), Catherine Samary (économiste altermondialiste), Maximilien Sanchez (conseiller municipal de Gentilly.militant altermondialiste),  Olivier Serpe (Le temps des cerises – Clermont Ferrand), Michèle Sibony (militante UJFP), Maboula Soumahoro (Black History Month), Catherine Stern, Françoise Vergès (politologue, militante féministe antiraciste), Héla Yousfi (universitaire), Louis Weber (éditeur),

2/ Organisations, associations, collectifs, syndicats, partis soutenant l’initiative : Ensemble !

Programme

1ère plénière : 9h30-12h
Les lois antiterroristes sont-elles efficaces pour lutter contre le terrorisme ?
1-a . Le phénomène djihadiste, origines, histoire, actualité.
2-Quel est l’objectif de ces législations, notamment de la loi votée le 11 octobre « pour renforcer la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ».

2ème plénière : 13h30-15h. 
L’offensive identitaire contre les libertés publiques.
Des attaques tous azimuts : pressions sur l’université pour interdire les colloques sur la thématique de l’islamophobie, cyber-harcèlement d’associations, campagnes de dénigrement et de diffamation ciblées qui tournent à la chasse à l’homme ou à la femme contre ceux qui luttent contre le racisme antimusulman, menaces de mort.

3ème plénière : 15h-16h30. 
Pourquoi veut-on réduire les militants de l’antiracisme politique au silence ?

Ateliers : 16h45-17h30.
1-La lutte contre les discriminations au sein de l’entreprise et l’analyse des conséquences de la Loi Travail.
2-Stigmatisation des territoires : de Saint-Denis à Molenbeek.

4ème plénière : 18h-19h. Perspectives. 

Invitation à une Rencontre publique Féminisme et intersectionnalité

Jeudi 8 Juin 2017 à partir de 19 heures
Au CICP, 21ter rue Voltaire 75011 Paris – M° Rue des Boulets

Rencontre publique intersectionnalité CFPE 8 juin 2017

Le Collectif des Féministes pour l’Egalité (CFPE) existe depuis 13 ans maintenant. Nous sommes un groupe féministe en dehors du courant « dominant » suite à notre prise de position en faveur d’une école pour toutes et contre la loi du 15 mars 2004 qui excluait de l’école publique, laïque et républicaine, les jeunes filles musulmanes portant un foulard. Notre lecture de cette loi était et demeure qu’elle a eu des effets à la fois racistes et sexistes, au-delà des intentions diverses de celles et ceux qui l’ont soutenue.
Nous avons organisé en novembre 2016 une rencontre publique autour du thème « racisme et sexisme », à présent, nous souhaitons compléter et élargir notre réflexion en croisant les systèmes oppressifs relatifs au genre, à la classe et à la race.
En effet, nous ne nous sommes jamais identifiées à un féminisme qui ignore race et classe et réduit son action à la seule question du genre, pour avoir été confrontées dès notre création à l’oppression raciste que subissent les musulmanes « visibles ». Un féminisme du 1% (Rabab Abdulhadi) est un féminisme construisant l’indifférence par rapport à la plupart des femmes qui subissent les effets de la pauvreté, du colonialisme, de la guerre, du racisme, des destructions environnementales et qui éloigne de son combat toutes ces femmes.
Un féminisme qui n’affronte pas la lutte contre toutes ces formes de domination, d’oppression, ne peut conduire à la libération de toutes les femmes et ne saurait en aucun cas prétendre à une visée universaliste.
Un féminisme qui ignore le contexte global de vie des femmes est un féminisme mutilé et mutilant.
Néanmoins la lutte contre toutes ces formes d’oppression reste complexe à penser et à construire, c’est pourquoi nous souhaitons proposer un espace d’échanges sur les pratiques et les réflexions autour de cette approche multidimensionnelle du féminisme.

Nous vous proposons de nous retrouver pour en débattre avec :
– Zahra ALI
– Verveine ANGELI
– Fatima KHEMILAT
– Fatima OUASSAK
– Sarah ZOUAK

Site :www.cfpe2004.fr                                                                                  Contact :Cfpe2004@yahoo.fr

 

Urgence antiraciste. Pour une démocratie inclusive

Vient de paraître aux éditions du Croquant

Urgence antiraciste. Pour une démocratie inclusive
Collectif des auteurs: Nils Andersson- Farid Bennaï – Adda Bekkouche- Saïd Bouamama – Martine Boudet (coordination)- Monique Crinon – Christian Delarue – Bernard Dreano- Mireille Fanon Mendés-France- Patrick Farbiaz- Augustin Grosdoy- Gilles Manceron – Gus Massiah- Paul Mensah- Evelyne Perrin-Alice Picard- Louis-Georges Tin- Aminata Traoré (préface)
Avec le soutien des associations et réseaux: Attac France- Attac Togo/CADTM-  Cedetim/IPAM -CRAN- Collectif des féministes pour l’Égalité/CFPE Fondation Frantz Fanon – FUIQP – MRAP- Reprenons l’initiative- Sang pour Sans – Sortir du colonialisme

– en librairie en mars ;
– sur le site de l’éditeur  cliquer ici / https://editions-croquant.org/les-collections/product/384-urgence-antiraciste
Il vous sera envoyé franco de port.
Prix : 10 € pour le livre, 7,5 € pour l’e-book (PDF)-236 pages

 

Cet essai paraît dans une période électorale où la récupération des questions identitaires est monnaie courante. En temps de crise du système néo-libéral et au motif de la « guerre contre le terrorisme», les politiques nationalistes et sécuritaires gagnent du terrain.
L’affaire Adama Traoré, l’affaire Théo… autant de marqueurs d’une actualité ambivalente,  qui questionne le racisme institutionnel et met à l’ordre du jour la fin de la colonialité des savoirs et des pouvoirs, base des xénophobies.
Il s’agit, pour ce faire, d’ancrer les mobilisations antiracistes en France dans leur environnement international. L’« intersectionnalité » des dominations d’origine, de genre, liées au statut social… rend nécessaire par ailleurs de relier les luttes émancipatrices des catégories concernées.
Ce livre est à l’initiative de représentant(e)s d’associations antiracistes et altermondialistes, originaires ou non de l’immigration, des outre-mer et d’Afrique. L’objectif est de faire front dans ce secteur du débat public et d’apporter des réponses claires sur le terrain de l’altermondialisme et d’une démocratie inclusive.

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Table des matières
Préface

Face à l’ordre et au chaos, construisons un autre monde, par Aminata Traoré, ancienne ministre malienne de la Culture et du Tourisme, altermondialiste et écrivaine

Introduction
Un contexte (inter)national bouleversé et source de conflits démultipliés

Première partie – État des lieux historique et géopolitique
Le profit et le chaos, géopolitique d’un XXIe siècle commençant, par Bernard Dréano, co-président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM) et fondateur de l’Assemblée européenne des Citoyens, branche française du réseau international Helsinki Citizens’ Assembly
La nécessaire désaliénation du colonisateur, par Nils Andersson, président du Conseil scientifique de Sortir du colonialisme
L’urgence de la démocratisation des relations Afrique-France- monde, par Paul Mensah, membre du Conseil scientifique d’Attac Togo
Une géopolitique du chaos : l’espace arabophone entre mouvements d’émancipation, autoritarisme étatique, islamisme radical et nouvelles formes d’impérialismes, par Adda Bekkouche, juriste en droit international, membre du Conseil scientifique d’Attac France
Migrations : « crise de l’accueil » entre hypocrisie et irresponsabilité, par Augustin Grosdoy, co-président du MRAP et membre du Conseil d’administration d’Attac France

Deuxième partie : Xénophobie d’État et mobilisations antiracistes
Esclavage et traite négrière : du devoir de mémoire au devoir de réparation, par Louis-Georges Tin, universitaire et président du Cran
La décennie internationale de l’ONU pour les personnes d’ascendance africaine, un défi mondial, par Mireille Fanon Mendès-France, experte-chair du Groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine (ONU), présidente de la Fondation Frantz Fanon
La lutte contre le racisme anti-Arabe, anti-maghrébin et l’islamophobie : un impératif égalitaire, par Alice Picard, doctorante en science politique, membre du Conseil d’administration d’Attac France
Altermondialisme et laïcité, des recours face à l’islamisme radical et aux populismes, par Christian Delarue, secrétaire général du CADTM France, ex membre du bureau exécutif du MRAP, membre du Conseil d’Orientation de la Fondation Copernic
Boucs émissaires commodes, les Roms ont des droits. Leur mise en oeuvre est la seule voie d’avenir, par Évelyne Perrin, économiste, présidente de l’association Sang pour Sans, membre du Conseil scientifique d’ Attac France
Antisémitisme, antisionisme et défense des droits des Palestiniens, par Gilles Manceron, membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et du collectif « Trop, c’ est trop ! »
Le féminisme face au défi du racisme et du sexisme, par Monique Crinon, membre du Collectif des féministes pour l’Égalité et du CEDETIM
Jeunes des quartiers populaires en quête d’avenir, par Évelyne Perrin, économiste, présidente de l’association Sang pour Sans, membre du Conseil scientifique d’ATTAC France

Troisième partie : L’antiracisme en débat
Le racisme aujourd’hui et ses différentes formes, par Augustin Grosdoy, co-président du MRAP et membre du Conseil d’administration d’Attac France
Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation, par Farid Bennaï, membre du réseau Reprenons l’Initiative et du Front uni de l’immigration et des quartiers populaires / FUIQP
La nécessaire politisation de l’antiracisme, par Saïd Bouamama, sociologue, porte-parole du Front uni de l’immigration et des quartiers populaires / FUIQP
Pour le cosmopolitisme insurgé, un antiracisme et un anticolonialisme du XXIe siècle, par Patrick Farbiaz, porte-parole du réseau Sortir du colonialisme

Quatrième partie : Programme antiraciste et en faveur d’une démocratie inclusive
L’École doit contribuer à apaiser les conflits inter-communautaires et favoriser le dialogue des cultures, par Martine Boudet, anthropologue, membre du Conseil scientifique et du Conseil d’administration d’Attac France
Éléments de programme d’une démocratie inclusive, chapitre inter-associatif
Promotion de la paix et de la démocratie dans le monde, par Adda Bekkouche, juriste en droit international, membre du Conseil scientifique d’Attac France

Conclusion
L’antiracisme vecteur essentiel de l’émancipation, par Gustave Massiah, membre du Conseil scientifique d’Attac France- Représentant du CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement) au Conseil international du Forum Social Mondial (FSM)

Féminismes pluriels comme antidote au sexisme et au racisme
organisée par le CFPE au CICP dans le cadre des quarante ans de ce dernier. Après la présentation de nos buts, vous trouverez les trois interventions liminaires et un résumé des débats.
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Le collectif des féministes pour l’égalité (CFPE) a choisi d’organiser cette rencontre dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale marquée par les 40 ans d’existence du Cicp où elle se déroule.

Nous souhaitions par ce choix marquer notre gratitude vis-à-vis de cette structure qui nous a toujours accueillies y compris lorsque nous étions refusées ailleurs et aussi et surtout marquer notre ancrage dans un mouvement international de solidarité.

Le CFPE s’est construit à l’écart des courants féministes institutionnels qui lui reprochaient son alliance avec des musulmanes et en marge des courants féministes racisés qui le jugent trop tiède sur les questions d’oppressions raciales. Cette position singulière dans le panorama féministe nous a amenées à nous intéresser au plus prêt à la question du pluralisme des chemins d’émancipation et à construire, à essayer en tous cas, des passerelles entre groupes féministes tout en restant vigilantes et critiques face aux positions dominantes au sein du féminisme.

La rencontre d’aujourd’hui vise à réfléchir aux dimensions plurielles du féminisme, des féminismes devrions nous dire, elle s’inscrit dans le droit fil de la charte fondatrice de notre collectif et dans la foulée du colloque organisé en 2012 sur le thème « regards croisés de femmes en lutte », or du croisement des approches à l’intersectionnalité il n’y a qu’un pas.

Nous souhaitons que la rencontre d’aujourd’hui offre l’occasion de déplier ce qui nous relit et ce qui nous distingue entre courants féministes différents voire opposés, l’enjeu n’étant pas de construire des consensus faciles mais un dialogue exigeant.

Trois intervenantes s’exprimeront : Marie Laure Bousquet membre du CFPE rappellera le sens de notre démarche et de nos réflexions autour du pluralisme; Nadine Plateau relatera l’expérience belge Tayush à laquelle elle participe dont l’enjeu est de construire une articulation entre antiracisme et anti sexisme, développant ainsi une intersectionnalité active ; enfin Fatima Ouassak, fondatrice du réseau classe/race et genre donnera à voir les fondements d’une réflexion intersectionnelle.

Peut-être retiendrons-nous pour caractériser le sens de notre démarche la magnifique formule de Nadine Plateau « il faut construire des divergences solidaires », tant il est vrai que dans la période actuelle il est nécessaire de pouvoir faire front face aux offensives racistes et sexistes tout en affirmant nos spécificités.

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Soirée de partage autour de nos engagements féministes et des défis à relever. Organisée par le CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Egalité)

Féminismes pluriels
comme antidote au racisme et au sexisme
Soirée de partage
autour de nos engagements féministes et des défis à relever.
Organisée par le CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Egalité)
Introduction à la réflexion avec :
Nadine Plateau (Collectif Tayush),
Christiane Marty (Commission genre Attac/Fondation Copernic) ,
Ismahane Chouder (CFPE) et Marie Laure Bousquet (CFPE).
Modération Monique Crinon
Le 16 Novembre à 19h au CICP
21ter rue Voltaire
75011 Paris Métro rue des boulets

Cliquer ici pour découvrir le :Texte introductif à cette soirée débat

communiqué du C.F.P.E.                           
 
Nous Collectif des Féministes Pour l’Égalité,
Nous sommes en deuil.
Les morts du 13 novembre sont nos morts. Les mots sont toujours faibles pour exprimer l’horreur.
Ceux qui ont commis ces attentats l’ont fait pour qu’il y ait le maximum de victimes, quelles qu’elles soient. Parce qu’elles incarnaient leur cible, la France. Rien ne légitime à nos yeux cette inhumanité. Elle nous indigne en s’exerçant au nom de l’islam, au risque majeur de renforcer l’islamophobie et des mesures liberticides désastreuses pour l’ensemble des citoyen.nes de France, musulman.es ou pas.
Nous sommes  contre les violences de toute nature commises en France ;  contre les violences qui font quelques 150 morts par jour en Syrie depuis 4 ans et demi – produisant des centaines de milliers de réfugiés. 
Nous sommes en deuil de toutes les victimes des guerres – de la France à la Syrie,

en passant par le Liban, la Palestine, l’Afghanistan, la Libye, l’Irak le Yémen …

Nous ne sommes pas  en guerre. « Nous sommes solidaires »

 

Marche pour la Dignité et contre le racisme: 31 Octobre 2015

Marche de la Dignité

 

 

Pourquoi la Marche de la Dignité ?

32 ans après la Marche pour l’égalité et contre le racisme, et 10 ans après les révoltes des quartiers populaires, le constat est sans appel : les populations issues de l’immigration postcoloniale et des quartiers populaires sont de plus en plus exposées aux violences et aux crimes policiers, aux discriminations systémiques, aux humiliations et à une précarisation organisée. À l’origine du traitement différencié réservé à ces « Français de seconde zone » se développe et s’affirme un véritable racisme d’État qui s’exprime sous diverses formes et vise particulièrement trois catégories de personnes : : l’islamophobie est l’une des expressions les plus manifestes du racisme d’État. De l’exclusion des femmes voilées de l’Éducation nationale au matraquage médiatique qui diffuse et banalise une idéologie islamophobe, l’islamophobie traverse l’ensemble du champ politique français. : La négrophobie participe à l’échelle nationale et internationale d’une négation des droits les plus fondamentaux des populations afro-descendantes dont la mémoire liée à la traite négrière et à l’esclavage continue d’être occultée et méprisée par les instances occidentales. En France, les Noirs sont, de fait, les plus exposés aux crimes policiers, au contrôle au faciès, aux discriminations racistes à l’emploi et au logement… : La rromophobie et l’antitziganisme, nouveau visage du racisme d’État, s’est constitué historiquement par projection dans le territoire métropolitain des méthodes d’administration racistes des populations colonisées. Le démantèlement du Samaritain à la Courneuve, plus vieux bidonville de France, où vivaient des centaines de familles rroms, est une des expressions récentes de la rromophobie structurelle.
Antithèse de la « hogra » (mot populaire arabe signifiant « humiliation » ou « mépris »), la Dignité est le dénominateur commun qui lie le sort des Noirs et Arabes assassinés impunément par la police, à celui des musulmanes voilées refoulées aux portes de l’école, à celui des Rroms, des migrants, des sans-papiers traqués et matraqués par les autorités françaises.…
La MAFED est un collectif autonome composé exclusivement des femmes subissant le racisme d’État.
Elles sont issues de l’immigration postcoloniale (arabes, noires, musulmanes…), et/ou des quartiers populaires et rroms. Intellectuelles, militantes, artistes, étudiantes, voilées, non voilées,…les femmes du MAFED aux parcours professionnels et politiques divers ont pris l’initiative de se rassembler autour de la lutte contre les crimes policiers racistes et les autres formes de racisme structurel. C’est dans cette optique qu’elles initient et organisent une marche historique, la Marche de la Dignité.
Pourquoi seulement des femmes ?
Les femmes racisées sont des cibles privilégiées du racisme d’État (80% des actes islamophobes concernent des femmes), d’autant plus vulnérables qu’elles ont déjà à subir un sexisme systémique qui touche l’ensemble de la société française et les cantonne à un statut de subalterne. Par ailleurs, bien conscientes que les femmes ont trop souvent servies « d’instruments politiques » pour dénoncer le sexisme spécifique des hommes des quartiers populaires, – instrumentalisation orchestrée par les gouvernements successifs afin de justifier leur politique d’exclusion et de coercition des hommes de quartiers populaires, les femmes du MAFED se revendiquent comme « actrices politiques », et expriment leur solidarité à l’ensemble des populations victimes du racisme et particulièrement des crimes policiers.
Liste des femmes de la MAFED :
Sihame ASSBAGUE – Rania AYOUB – Rachida AZIZ – Paola BACCHETTA – BAMS – Noria BELGHERRI – Anissa BENAISSA – Leila BENDERRA – Hind BEN FARES – Feiza BEN MOHAMED – Amal BENTOUNSI – Wiam BERHOUMA – Nargesse BIBIMOUNE – Karima BOUACHE – Houria BOUTELDJA – Nora BOURAZZI – Sarah CARMONA – CASEY – Samia CHALA – Imen CHATTEUR – Ismahane CHOUDER – Gerty DAMBURY – Inès DE LUNA – Rokhaya DIALLO – Éva DOUMBIA – Soraya EL KAHLAOUI – Fanny ESSIYE – Mireille FANON MENDÈS-FRANCE – Nawel GAFSIA – Tauana Olivia GOMESSILVA – Zeineb GUEDIONNI – Nacira GUÉNIF-SOUILAMAS – Hanane KARIMI – Mebarka KASSAM – Fethia KERKAR – Fatima KHEMILAT – Agathe LARISSE – Stella MAGLIANI-BELKACEM – Rania MAJDOUB – Ouafa MAMECHE – Bahiya MANSAR – Fatou MEITE – Safyia MEZIANI – Zakia MEZIANI – Karima MONDON – Samia MOUCHARIK –Hawa N’DONG – Ketty NESTOR – Laetitia NONONE – Bahija OUEZINI – Ndella PAYE – Farida RÉMILA – Zohra REZGANI – Malika SABEG – Néferissa SEMA – Maboula SOUMAHORO – Hanifa TAGUELMINT – Nadia TAHHAR – Sabrina TAYEBI – Vanessa THOMPSON – Haifa TLILI – Joby VALENTE – Françoise VERGES – Héla YOUSFI – Louisa YOUSFI – Smina ZEKRINI

 

BON À SAVOIR !
• Angela Davis est la marraine de l’événement. Elle a récemment fait publier une tribune de soutien sur le site de Médiapart.fr : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-demediapart/ article/191015/angela-davis-de-ferguson-paris-marchons-pour-ladignite
• Le financement est participatif. Afin de régler les différents frais liés notamment aux transports des familles de victimes de violences policières, d’impression et de logistique, la MAFED a lancé une campagne participative en ligne. https://www.leetchi.com/c/projets-de-marche-de-la-dignite Le collectif a également profité d’événements (tels que des manifs ou le meeting de la Dignité) pour vendre du thé et des gâteaux. L’indépendance a un prix !
• Des artistes engagés. De nombreux artistes signataires se sont proposés de clôturer la marche de la Dignité par une animation musicale.
Prises de parole des associations et performances musicales s’alterneront ainsi pour donner de la voix à la dénonciation des violences policières et du racisme d’État. Sont notamment attendus : Kery James, Médine, Disiz, Bams, Despo Rutti, Princess Erika, Kiddam, Rohan Hussein…C’est d’ailleurs le rappeur Médine qui a généreusement mis a disposition le camion scène dans lequel il a fait ses derniers concerts.
• Des départs groupés de plusieurs villes. De nombreuses associations organisent des départs collectifs, par train, co-voiturage ou car, pour rejoindre Paris le 31 octobre. Ainsi, Strasbourg, Lille, Lyon, Toulouse, Angers, Marseille et d’autres seront avec nous pour cette marche unitaire.
Par ailleurs, plusieurs militants anglais, espagnols et belges feront également le déplacement.

Marche de la Dignité : l’appel
En octobre 2005, les jeunes vies de deux clichois étaient fauchées en Seine-Saint-Denis – une tragédie mettant en cause des fonctionnaires de police. Depuis, la stratégie de l’État français, loin de chercher à châtier les coupables, consiste uniquement à fuir ses responsabilités. Comme il l’a fait dans des dizaines de crimes policiers depuis des décennies.
Ce même mois d’octobre 2005, en réponse à leur mort, un vent de colère secoua toutes les banlieues de France pendant des semaines. Les interprétations les plus courantes de ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres. Mais elles ne dirent pas assez combien au coeur de cette révolte figurait, forte, l’exigence de respect : la dénonciation du mépris avec lequel avait été traitée la mort de ces deux adolescents et à travers leur cas, la dénonciation du mépris souverain dans lequel sont tenus les habitants des quartiers, leur attachement à la dignité collective.
Vingt ans plus tôt, ce sont déjà d’autres violences policières qui poussèrent des jeunes issus de l’immigration postcoloniale à mener, à travers la France, la Marche de 1983, la fameuse Marche pour l’égalité. Égalité sociale, bien sûr, mais aussi égalité de considération.
Les jeunes disaient « Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes des êtres humains ! » L’État se devait de la briser. Il mit alors tout en oeuvre pour saboter cette auto organisation en médiatisant à outrance certaines officines pseudo-antiracistes. Celles-ci s’employèrent, de tous leurs moyens financiers, à étouffer la Marche pour l’égalité sous les milliers de décibels des concerts gratuits et de leur antiracisme de pacotille.
Aujourd’hui, comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, loin d’avoir renoncé à ses agissements passés, l’État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de surveillance et de répression. En plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour les Noirs, les Arabes, les Rroms, et les Blancs des quartiers. Dans ce paysage dévasté, le crime policier n’est jamais fortuit. Il est l’aboutissement de toute la logique d’un État qui n’a pour nous que désintérêt et mépris.
Le crime policier est l’expression achevée du racisme d’État. C’est celui-ci qui conditionne des fonctionnaires puissamment armés à passer à l’acte, c’est lui qui les dispense de réfléchir au moment tragique, qui leur donne le temps de se saisir de leur arme, d’ajuster et de tirer à mort ou d’écraser la poitrine et la gorge de leur proie sous la clef d’étranglement.
Le message implicite que délivre le crime policier est simple : « Non seulement vous n’êtes pas des êtres humains comme les autres mais, avec vous, nous pouvons aller jusqu’à la mise à mort et les meurtriers sont assurés de l’impunité ». À ce jour, rarissimes sont les procès ayant abouti en faveur des victimes. Le crime policier n’est jamais un homicide involontaire, il n’est jamais gratuit, il est là pour répandre la consternation, la désolation dans les coeurs et les
esprits des familles endeuillées, pour nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n’épargnera personne, il est là pour nous terroriser.
C’est pourquoi comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, contre l’humiliation quotidienne, contre le mépris, contre l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes, contre les crimes policiers, s’impose une nouvelle marche : la Marche de la dignité. Notre réaction puissante, organisée, confiante est la seule façon d’enrayer notre écrasement collectif annoncé.
C’est à cette grande Marche de la Dignité que nous vous convions le 31 octobre prochain.
Amal Bentounsi, le 8 mai 2015, à Saint-Denis.
Liste des signataires, (datée du 21/10/15)
En collaboration avec les personnalités et organisations de l’immigration et des quartiers populaires et/ou subissant le racisme :
Abyssinie – Acide (Agir contre les inégalités et les discriminations ethnoraciales) – Aclefeu – Algériens des Deux Rives et leurs Amis (ADRA) – Al Houda, association des femmes musulmanes de Rennes – Assemblée citoyenne des originaires de Turquie – Association des Jeunes de la Roseraie (AJR) – Association des marcheurs de 1983 – Association des travailleurs maghrébins de France – Association marocaine des Droits humains, section Paris/IDF – Association des tunisiens en France (ATF) – Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes – BDS France Paris – Black is really beautiful – Brigade Anti-Négrophobie – Cases Rebelles – Collectif Afro-Fem – Collectif Ali Ziri – Collectif Citoyens – Collectif contre Exhibit B – Collectif des baras – Collectif des Féministes pour l’Égalité – Collectif Femmes des quartiers populaires 94 – Collectif des filles et fils d’Africains déportés – Collectif des Musulmans de France – Collectif Interquartiers 49 – Collectif James Baldwin – Collectif Parents du Petit-Bard – Collectif Solidarité Femmes Kobané – Collectif Stop le contrôle au faciès – Collectif de Taksim – Collectif Vies Volées – Comité 15 mars et libertés – Comité anti-impérialiste – Comité de soutien des sans-papiers 92 – Convergence Citoyenne Ivryenne – Coordination 93 de lutte pour les sanspapiers – Droit à la différence – Éducation en héritage – Espace Farabi – Espace Franco-Algérien – Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté – Falsafa – Fédération des Musulmans du Sud – Fédération tunisienne de la citoyenneté des deux rives (FTCR) – Femmes en lutte 93 – Femmes plurielles – Femmes sans frontières – Ferguson in Paris – Filles et fils de la République – Fondation Frantz Fanon – Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires – Glob’all – Idéal 92 – Intégration 21 – La Voix des Rroms – Les Chronik de Nègre(s) Inverti(s) – Les Indivisibles – Les Peaux Cibles – Groupe LOCs (Lesbians of color) – Lumières et couleurs 93 – Mamans Toutes Égales – Mémoires en marche – Mwasi collectif – Nasema l’émission – PACT Participation citoyenne – Parti des Indigènes de la République – Reprenons l’initiative – Respaix Conscience Musulmane – Réveil des consciences – Rez’O – Romano Godjako Truj – Secours Palestinien – Ubuntu France – Union
Nationale des Sans-Papiers (UNSP) – Urgence Notre Police Assassine – Zonzon 93 – Moa Abaid (comédien) – Al (artiste) – Rachid Amghar (militant associatif) – Houda Asal (sociologue) – Djamel Atallah (ancien marcheur) – Rabha Attaf (grand reporter) – Eunice Barber (Championne du monde heptathlon et saut en longueur) – Baro Syntax (artiste) – Hocine Ben (slameur) – Sabreen Bint Loula (réalisatrice, militante) – Daniel Blanchard (militant associatif) – Jean-François Boclé (artiste) – Saïd Bouamama (sociologue) – Ahmed Boubekeur (professeur à l’université de Saint-Etienne) – Nadir Bouhmouch (cinéaste et photographe) – Francis Carole (professeur d’Histoire, Martinique) – Casey (artiste) – Emir Cherdouh (journaliste) – Maryse Condé (écrivain) – Raphael Confiant (écrivain) – Disiz (artiste) – Kamel Djellal (président du Collectif Citoyens) – Daniel Dobat (professeur, Martinique) – Samia Errazouki (co-éditrice de Jadaliyya) – Esperanza Fernandez (artiste) – Joelle Jeki Esso (Dessinatrice, chanteuse) – Joao Gabriell (militant, bloggueur) – Saddok Guitoun (président du Comité de soutien aux sanspapiers 92) – Hamé (artiste) – Malika Hamidi (sociologue, directrice du European Muslim Network) – Kaoutar Harchi (écrivaine, chercheuse) – Humanist Hiphopsaved (artiste) – IAM (groupe de rap) – Amadou Ka (président des Indivisibles) – Almamy Kanouté (militant associatif et politique) – Kennedy (artiste) –Kiddam (artiste) – Jessica Koumé (dont l’époux, Amadou Koumé, a été tué par la police en mars 2015) – Aissata Kouyaté (artiste) – La Rumeur – Les Nubians (artistes) – Esse Lawson (comédienne) – Aissa Maiga (comédienne) – Oméro Marongiu-Perria (sociologue) – Elli Medeiros (artiste) – Médine (artiste) – Marwan Mohammed (sociologue) – Tarek Mouadane (fondateur de l’association Bleu Blanc Rouge) – Marie Philomène Nga (actrice, chanteuse) – Nakk (artiste) – Princess Érika (artiste) – Zahia Rahmani (écrivain) – Ali Rahni (militant associatif) – Rakkid (dessinateur) – Arbi Rezgui (ancien marcheur) – Adel Riame (chargé de communication pour l’ambassade de Palestine en France) – Claude Ribbe (historien) – Rocé (artiste) – Alexandre et Délia Romanes (Cirque Romanes) – Joss Rovélas (militant associatif) – Saadane Sadgui (fondateur des JALB, Jeunes Arabes de Lyon et sa Banlieue) – Shuck One (plasticien) – Omar Slaouti (militant associatif) – Scred Connexion (groupe de rap) – Skalpel (artiste) – Sidi Soumaré (président de l’Union nationale des sans-papiers) – Tunisiano (artiste) – Youkoff (artiste) – Youssoupha (artiste) – Z.E.P (artiste)
avec le soutien de : Action Antifasciste Paris/Banlieue (AFA) – Aquitaine Décroissance – Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA) – Centre d’Études et d’Initiatives de Solidarité Internationale (CEDETIM) – CGT Sony Dadc – Collectif contre les abus policiers (CLAP 33) –Collectif contre l’islamophobie 20e – Collectif marseillais Perspectives Plurielles – Coordination Nationale Pas Sans Nous – Europe-Écologie Les Verts (EELV) –Ensemble (Front de Gauche) – Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés (FASTI) – Femmes en Luth – Fondation Enfants de Gaza – Groupe d’intervention et de soutien des immigré-e-s (GISTI) – Interface France – Labo Décolonial – Les désobéissants – Liste des sans-voix – Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Orchestre poétique d’avant-guerre (OPA) – Quartier libre – Réseau pour une gauche décoloniale – Revue Mouvements –
Riposte antifasciste – Survie – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) – Un nouveau visage – Ali Aissaoui (médecin) – Jean Asselmeyer (Réalisateur, Directeur du Panorama du Cinéma Algérien Nîmes) – Clémentine Autain (directrice de Regards et élue à Sevran) – Nadia Ben Moussa (élue à Villeneuve Saint Georges) – Mohamed Ben Yakhlef (élu à Villeneuve Saint Georges) – Olivier Besancenot (porte-parole du NPA) – Alima Boumediene Thiery (militante associative et politique) – Henri Braun (avocat) – Makhtar Mak Camara (président de l’Interface France) – Laurent Cauwet (éditeur Al Dante) – Insaf Chebaane (élue à Villeneuve Saint Georges) – Omar Cheriguene (élu à Villeneuve Saint Georges) – Emmanuelle Cosse (Secrétaire nationale d’Europe-Écologie Les Verts) – Monique Crinon (Sociologue et philosophe) – Christian Darceaux (militant altermondialiste décolonial) – Sonia Dayan Herzbrun (Sociologue, professeure à l’Université Paris VII) – Christine Delphy (sociologue, féministe) – Judith Depaule (réalisatrice) – Virginie Despentes (écrivaine et réalisatrice) – Haikel Drine (adjoint au maire du Blanc-Mesnil) – Cédric Durand (économiste) – Éric Fassin (sociologue) – Nanou Ferrier (enseignante, militante) – Géraldine Franck (militante égalitariste) – Laurent Gabaroum (syndicaliste) – François Gèze (Directeur de collection à La Découverte) – Imen Guedda (élue à Villeneuve Saint Georges) – Anouk Guiné (Groupe de Recherche Identités et Cultures, Université du Havre) Éric Hazan (éditeur) – Imhotep (artiste, IAM) – Matthieu Kassovitz (acteur, réalisateur) – Stéphane Lavignotte (pasteur) – Raphaël Liogier (Professeur des universités, IEP d’Aix-en-Provence, Collège international de philosophie) – Nicola Lo Calzo (photographe) – Frédéric Lordon (philosophe, directeur de recherche au CNRS) – Gilles Manceron (historien) – Akli Mellouli (élu) – Morgane Merteuil (féministe) – China Miéville (écrivain) – Ilham Moustachir (conseillère municipale de Gonesse, vice-présidente de la communauté d’agglomération du Val de France) – Bernard Noël (écrivain) – Océane Rose Marie (comédienne, auteure) – Olivier Neveux (professeur d’études théâtrales) – Alexandre Piettre (sociologue) – Julien Salingue (docteur en science politique) – Catherine Samary (économiste altermondialiste) – Michèle Sibony (professeure, militante UFJP) – Patrick Simon (démographe) – Odile Schwertz-Favrat (militante associative) – Karima Souid (Constituante franco-tunisienne, directrice de projet) – Antoine Volodine (écrivain)
et à l’international : Association Genre et Migration (Belgique) – Bruxelles Panthères (Belgique) – Azira’s way (Belgique) – Fight Racism Fight Imperialism (Royaume-Uni) – Center for Constitutional Rights (USA) – Ontario Coalition Against Poverty (Canada) – Salvage (Royaume-Uni) – Planners Network (Canada) – Institute for Critical Social Analysis at Rosa Luxemburg Stiftung (Allemagne) – Jacobin (magazine, USA) – Abolitionist Law Center (USA) – Community Justice Project (USA) – Democratic Socialism (membre de United Left coalition -Slovénie) – Muslim Identities and Cultures, University of California (Berkeley – USA) – Trayvon Martin Organizing Committee (USA) – Action Against Black Genocide (USA) – Red Thread (Guyana) – Planners Network International (Canada) – No One Is Illegal Toronto (Canada) – Toronto New Socialists (Canada) – Socialist project Toronto (Canada) – Aoki Center for the Critical Study of Race and Nation (UC Davis School of Law – USA) – US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (USA) – Faculty For Palestine (Canada),
Caribbean Philosophical Association (International) – Network for Police Monitoring (Royaume-Uni) – ATTAC/CADTM (Maroc) – Social Text (review – USA) – Human Rights Network (USA) – HDK (Halkların Demokratik Kongresi/Congrès démocratique des peuples, Turquie) – GIRA, groupe d’études féministes et politiques (Université de Bahia, Brésil) – Decoloniality Europe (Pays-Bas) – The Black Dissidents (Royaume-Uni) – International Jewish Antizionist Network (IJAN) – Secrétariat international de Podemos (Espagne) – QUIT ! Queers Undermining Israeli Terrorism (USA) – Dyketactics (USA) – Free Kashmiri Political Prisoners (Kashmir) Angela Davis (activiste américaine, professeure de philosophie) – Aminata Traoré (ancienne ministre de la Culture du Mali, écrivaine) – Tariq Ramadan (professeur d’études islamiques à Oxford) – Asma Lamrabet (directrice du centre d’études féminines en Islam, Maroc) – Marie Nassif-Debs (professeur à l’Université libanaise, présidente de l’association « Egalité-Wardah Boutros pour les Droits de la Femme ») – Omar Radi (journaliste, Maroc) – Vince Warren (executive director, Center for Constitutional rights) – Gay J McDougall (Leitner Center for International Law and Justice) – Ramon Grosfoguel (professeur à l’Université de Berkeley) Monica Adams (Freedom Inc.) – Nouria Ouali (professeur, ULB – Belgique) – Sunaina Maira (Professor, University of California Davis, USA) – Rabab Abdulhadi (Professeur, Director AMED, San Francisco State University, USA) – Zillah Eisenstein (ecrivaine, militante, professeur, USA) – Nelson Maldonaro-Torres (professeur, ancien président de Caribbean Philosophical Association -USA) – Howard Winant (Professeur, Directeur UC Center for New Racial Studies, Santa Barbara -USA) – Minoo Moallem (professeur, University of California, Berkeley – USA) – Fatima El-Tayeb (Professeur, Director Critical Gender Studies, University of California, San Diego, USA) – Jin Haritaworn (Professeur, York University, USA) – Cei Bell (écrivain et artiste, USA) – Neferti Tadiar (professeur, Barnard College,USA) – Nivedita Menon (Professeur, Jawaharlal Nehru University, Inde) – ZulemaValdez (professeur, University of Calfornia, Merced, USA) – Kehaulani Kauanui (Professeur, Wesleyan University Middletown, USA) – Jacqueline Nassy Brown (Professeur, Hunter College and The Graduate Center, USA) – Norma Cantú (professeur, Latino/a Studies, University of Missouri, Kansas City, USA) – Roshanak Kheshti (Professeur, Ethnic Studies, University of California, San Diego, USA) – Sangeeta Ray (Professeur, University of Maryland College Park, USA) – Dina Siddiqi (Professeur, Brac University, Bangladesh) – Piya Chatterjee (Professeur, Chair Dpt. Feminist, Gender and Sexuality Studies, Scripps College -USA) – Sirma Bilge (Professeur, Universite de Montreal, Canada) – Sharad Chari (professeur, University of the Witwatersrand Johannesburg, Afrique du Sud) – Sheba Chhachhi (artiste, Inde) – Hatem Bazia (National Chair, American Muslims for Palestine, Senior Lecturer, UC Berkeley -USA) – Sima Shakhsari (professeur, Wellesley College, USA) – Tanya Boza (professeur, University of California, Merced, USA) – Patricia Penn Hilden (Professeur Emerita, Native American Studies, USA) – Norma Alarcon (Professeur Emerita, Chicana Studies, University of California, USA) – Nighat Said Khan (Executive Director ASR Resource Centre and Dean of Studies Institute of Women’s Studies, Pakistan) – Nadine Nabor (professeur, University of Illinois -USA) – Pratibha Parmar (film maker, USA) – France Winddance Twine (professeur, University of California, Santa Barbara, USA) – Fouzieyha Towghi
(Militante, Lecturer University of California Berkeley, USA) – Taru Dalmia (musicien, groupe The Ska Vengers -Inde) – Samara Chopra (musicienne, groupe The Ska Vengers -Inde) – Zakia Salime (Professeur de sociologie à l’Université de Rutgers, USA) – Angela Harris (professeur, University of California Davis School of Law, USA) – Suhraiya Jivraj (Senior Lecturer, Kent Law School, and activist, Royaume- Uni) – Soraya Tlatli (professeur, University of California Berkeley, USA) – Jaribu Hill (Mississippi Workers’ Center for Human Rights, USA) – Ethel Brooks (Department of Gender Studies, Rudgers University, USA) – Jane Gordon (The Carribean Philosophical Association, USA) – Sunera Thobani (Critical Race and Postcolonial Feminist Theory Group, University of British Columbia, Canada) – Ruth Wilson Gilmore (professeur, Associate Director du Center for Place, Culture and Politics, University of New York, USA) – Maurice Moe Mitchell (membre du Black Lives Matter) – Geneviève Rail (Institut Simone-De Beauvoir, Concordia University, Canada) – Kristin Ross (essayiste, professeur de littérature comparée à la NY University) – Greg Albo (York University, Toronto) – Sue Ferguson (Wilfried Laurier University, Waterloo, Canada) – Honor Ford-Smith (York University, Toronto) – Kanishka Goonewardena (University of Toronto) – Stefan Kipfer (York University, Toronto) – David McNally (York University, Toronto) – Hilary Nicholson (Women’s Media Watch, Jamaica) – Herman Rosenfeld (Socialist Project, Toronto) – Alan Sears (Ryerson University, Toronto) – Anna Zalik (York University, Toronto)

Insurrections

Pour le 25/03/2015,

Tunis,

Insurrections

Si je devais donner un titre à notre atelier, je choisirais « insurrections ». Et si je devais lui trouver une image, ce serait celle que Rokhaya Diallo rappelle dans une nouvelle revue « Portrait » sur laquelle je suis tombée juste avant de venir à ce forum, où elle cite Angela Davis qui dit : « les murs renversés deviennent des ponts ». Je vais donc tracer quelques grandes lignes de mon expérience du sujet « Féminismes, religions, émancipation » sur le pont des deux rives où je chemine entre féminisme et islam.

En mai dernier (2014) avait lieu en l’église St Méry à Paris une rencontre organisée par « Le comité de la jupe », collectif de femmes catholiques, sur le thème : « Comment lutter contre le machisme dans les religions ? ». Trois voix de femmes, l’une juive, l’autre chrétienne et la troisième musulmane, devaient présenter en un quart d’heure, un exemple de lutte concrète menée au sein de leurs religions respectives pour faire reculer le machisme en question. Réunion passionnante qui m’a, personnellement, ramenée par la pensée aux années 90 où j’entends parler de rencontres qui ont lieu à Bendorf, en Allemagne, une fois par an et durant une semaine, dont l’objectif est de bâtir une Europe dans ses diversités culturelles et spirituelles. Cette conférence entre femmes juives et chrétiennes, musulmanes et « alternatives » existe depuis la fin des années 70 : une semaine, un thème, une organisation de moments intra et interreligieux. Une fin de semaine avec la prière de vendredi, le shabbat et le culte protestant ou catholique où toutes celles qui le désirent dont conviées. Des huit années où j’ai pu y aller, entre les années 90 et 2000, j’évoquerai ici trois aspects marquants pour moi, en lien avec noter atelier.

  • Sur « les monothéismes ».
  • Sur l’interprétation des textes (text-studies).
  • Sur la mosquée des femmes

[Suite …] Texte ML_Bousquet FSM_Tunis2015

FSM-TUNIS 2015 FSM-TUNIS 2015